L’Eurogroupe devra statuer sur un éventuel défaut de la Grèce
C’est un nouveau constat d’échec. Alors que la Grèce et ses créanciers internationaux (FMI, BCE et Commission européenne) s’étaient quittés jeudi dernier sans avoir avancé d’un iota, la réunion de la dernière chance organisée ce week-end n’a pas eu davantage de succès. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui espérait un dénouement positif qui aurait été présenté à la prochaine réunion de l’Eurogroupe jeudi prochain, a dû se rendre à l’évidence.
«Bien que des progrès aient été enregistrés, les négociations n’ont pas abouti. Il demeure un écart entre les projets des autorités grecques et les demandes communes de la Commission, de la BCE et du FMI, au sujet des mesures permanentes d’économie budgétaire de 0,5 à 1% du PIB, soit l’équivalent de deux milliards d’euros par an. De plus, les propositions grecques demeurent insuffisantes. Sur cette base, de nouvelles discussions auront maintenant lieu à l’Eurogroupe», a expliqué hier soir la Commission européenne.
Alors que les Grecs avaient soumis hier de nouvelles propositions aux créanciers, ils ont refusé toute baisse des retraites et des salaires, ainsi que toute hausse de la TVA sur l’électricité. Les déclarations faites vendredi dernier par le Premier ministre Alexis Tsipras – qui expliquait qu’il était prêt à accepter des compromis douloureux en échange d’un allègement important de la dette de son pays (qui représente 175% de son PIB), ce que refuse catégoriquement l’Allemagne – semblaient alors bien loin.
Si les négociateurs sont tombés d’accord sur un objectif de déficit budgétaire de 2,6% du PIB en 2015, les créanciers estiment que le pays afficherait un déficit identique en 2016, contre 2% selon le calcul grec. Cet écart implique des efforts bien différents.
Il incombera donc aux ministres des finances des Etats membres de la zone euro de décider si la Grèce a fait défaut sur sa dette. Athènes doit notamment rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI au 30 juin au plus tard. Une déclaration de défaut de paiement remettrait en question l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Selon son édition dominicale, la Frankfuter Allgemeine Zeitung affirmait que Jean-Claude Juncker avait prévenu Alexis Tsipras jeudi dernier des risques d’une sortie de son pays de l’euro.
Si un accord avait été trouvé dans les temps pour l’Eurogroupe, les 7,2 milliards d’euros restant du plan d’aide international auraient pu être versés à temps pour que la Grèce puisse rembourser le FMI.
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