L’euro semble rester de marbre face aux incertitudes sur la Grèce
L’incertitude entourant l’issue de la situation en Grèce ne semble pas avoir d’impact sur l’euro. La monnaie unique restait de marbre hier à 1,135 contre dollar, et s’est même reprise de 4,5% depuis son point bas de 1,085 atteint il y a un mois. La volatilité implicite à un mois de la parité s’est à nouveau tendue pour atteindre plus de 13% depuis le début du mois et 11,8% depuis le début de l’année, son niveau le plus élevé depuis 2011, après 6,3% sur 2014, 7,8% en 2013, et 9,6% en 2012.
«L’euro-dollar a été tiraillé entre les incertitudes sur la Fed et celles sur la Grèce», explique ainsi Natixis.
Si les positions spéculatives restent largement vendeuses sur la monnaie unique, elles ont été massivement réduites la semaine dernière de près de 49.000 contrats pour revenir à des niveaux bien moins extrêmes de 89.000 contrats, soit l’équivalent de 11 milliards d’euros, contre 17,2 milliards la semaine précédente. «L’impact de court terme de la hausse des tensions sur l’euro est assez ambiguë, l’effet des couvertures de positions vendeuses contre le risque en euros étant contrebalancé par une tendance naturelle à vendre la devise en anticipation d’une résurgence des inquiétudes sur la Grèce», explique BNP Paribas.
Dans le même temps, les positions acheteuses sur le dollar ont également été réduites de 9.400 contrats, à un total de 53.420 contrats. «La récente hausse de l’euro s’explique surtout par la faiblesse du dollar suite au discours plus accommodant que prévu de la Fed», ajoute Nordine Naam, stratégiste changes chez Natixis. Le spread entre le rendement des Treasuries à 2 ans et celui du Schatz allemand reste stable, entre 70 pb et 90 pb, depuis février, malgré les tensions sur le marché. «Les rendements périphériques sont un meilleur indicateur de l’évolution de l’euro-dollar», ajoute même Citigroup.
Citigroup estime qu’une hausse des rendements espagnols à 10 ans de 20 pb entraîne une hausse de l’euro de 1%, et une baisse de 20 pb conduit à une dépréciation de 2%. «Avec le QE de la BCE, le différentiel de taux réels devrait s’écarter davantage en défaveur de l’euro, ce qui devrait se traduire par des sorties de capitaux», estime BNP Paribas. A fin mars, la zone euro a néanmoins enregistré un excédent courant de 24 milliards d’euros. «La moyenne sur 12 mois fait état de 20 milliards d’entrées nettes et est en hausse, ce qui constitue un facteur de soutien croissant à l’euro», selon Citigroup.
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