L’euro ne s’est pas suffisamment apprécié pour faire réagir la BCE
La hausse de l’euro peut-elle menacer la reprise? La monnaie unique a atteint 1,3781 hier contre dollar, son plus haut niveau depuis avril 2011. Sa valeur s’est renforcée de 5,5% depuis le début de l’année et de plus de 14% depuis juillet 2012. Elle reste néanmoins encore loin des plus hauts de 1,5991 atteint en avril 2008 et 1,4825 touché en mai 2011.
L’euro bénéficie en outre d’un «effet dollar», pénalisé à la fois par la décision de la Fed de reporter le lancement de son «tapering» au début de l’année prochaine, et par le «shutdown» des administrations aux Etats-Unis et l’incertitude politique entourant les âpres négociations sur le relèvement du plafond de la dette.
L’euro a également atteint hier son plus haut niveau contre le yen, à 133,86, soit une hausse de 17% depuis le début de l’année et de 42% depuis juillet 2012. Une tendance inquiétante dans la mesure où «le peu de reprise que nous avons constaté au sein des économies de la zone euro a été porté par le rebond du commerce extérieur», comme le rappelle HSBC.
JPMorgan estime en outre qu’une appréciation de l’euro de 10% coûte un point de pourcentage de PIB à la zone sur deux ans, et fait refluer l’inflation de 0,3 point. Entre janvier et fin août, l’excédent de la balance commerciale vis-à-vis des pays extérieurs à la zone a progressé à 98 milliards d’euros, contre 38,9 milliards un an auparavant, et celui des comptes courants à 39,4 milliards fin juin, après 2,6 milliards au deuxième trimestre 2012.
«Le taux de change effectif de l’euro n’a progressé que de 1,3% depuis mi-septembre et de 4,5% depuis le début de l’année», tempère néanmoins Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Et l’amélioration des comptes extérieurs est principalement due à une chute des importations. En outre, la chute du dollar permet de réduire le coût des importations de matières premières, et les coûts de production d’une partie des entreprises européennes.
Dans ce contexte, «la BCE n’a sans doute pas besoin de s’inquiéter de ces mouvements de taux de change», estime Jean-Louis Mourier. Seule la pression exercée à la baisse sur le taux d’inflation pourrait faire réagir la BCE, en baissant les taux directeurs ou en brandissant l’arme d’un nouveau LTRO ou de l’OMT. Mais ses marges de manœuvre restent plus limitées que celles des autres grandes banques centrales, et son président a rappelé en début de mois que «le taux de change n’est pas un objectif de politique monétaire».
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion. -
L'espace, nouvelle frontière des centres de données
Satelliser des infrastructures cloud permettrait d'apporter une solution aux contraintes terrestres (disponibilité énergétique, foncier, accès à l'eau) susceptibles d'entraver le développement spectaculaire de l'intelligence artificielle (IA). -
L’économie américaine a détruit des emplois en juillet
Le marché du travail s’est contre toute attente affaibli le mois dernier aux Etats-Unis, avec 23.000 pertes d’emplois. Les actions accélèrent à la hausse, les taux se resserrent et le dollar recule. La hausse de taux de la Fed de septembre se trouve remise en question.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Apollo va créer un pôle stratégique pour l’innovation
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur