« L’euro/dollar est susceptible de revenir vers 1,40 en milieu d’année, puis 1,35 fin 2008 »
précise Eric Vergnaud, responsable des économies OCDE au sein de la direction des études économiques chez BNP Paribas
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi:Le risque d’une entrée en récession des Etats-unis ne va-t-il pas peser sur le dollar ?
Eric Vergnaud : La Fed répondra de manière déterminée à ce risque, ramenant les Fed funds sous 3 % avant l’été. Le discours de la BCE demeurant « restrictif », des accès de faiblesse du dollar sont encore possibles. Toutefois, les écarts de politique monétaire semblent déjà largement intégrés et l’hypothèse du « découplage », moteur de la baisse du dollar en 2007, est de plus en plus contredite par les faits. Le ralentissement dans la zone euro et le creusement des écarts entre pays membres, en termes de coûts unitaires et de comptes extérieurs, réduisent l’attrait des actifs en euros. De plus, la BCE pourrait, dès le printemps, s’inquiéter en priorité du ralentissement de l’activité, ouvrant la voie à une baisse du refi au second semestre. Enfin, les devises asiatiques « pilotées » pourraient s’ajuster à des taux d’intérêt plus élevés, allégeant les pressions haussières sur l’euro, qui reviendrait vers 1,40 dollar en milieu d’année, puis 1,35 fin 2008.
BNP Paribas est l’un des membres du Panel les plus pessimistes sur la livre. Pour quelles raisons ?
Outre-Manche, la dégradation de la conjoncture économique se confirme, les difficultés du marché immobilier se transmettant à la consommation. Si l’on ne peut exclure des corrections temporaires, le sterling se situant à ses plus bas niveaux depuis onze ans contre les devises européennes, la tendance de fond est négative. La BoE devrait ramener son taux directeur à 4 % d’ici à fin 2008, un facteur de faiblesse supplémentaire pour le sterling, qui pourrait se révéler une des devises les moins performantes en 2008, la livre/dollar revenant sous 1,90 en milieu d’année, puis 1,85 au second semestre. L’euro/livre se stabiliserait autour de 0,75 à la faveur du regain de vigueur du dollar contre euro.
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