L’euro continue d'être tiré vers le haut par la politique monétaire américaine
Des économistes attendent du président de la BCE qu’il s’exprime sur le sujet la semaine prochaine
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Solenn Poullennec
Economistes et stratégistes attendent que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, s’exprime sur la force de l’euro face au dollar lors de sa conférence la semaine prochaine, pour enrayer le phénomène qui pèse sur les exportations européennes. La BCE n’a de cesse de répéter que le taux de change ne fait pas partie de son mandat mais «il y a une chance qu’elle apparaisse plus soucieuse de l’impact de l’euro sur l’inflation lors de la réunion de la semaine prochaine», affirme les stratégistes de Crédit Agricole CIB. Un avis partagé par Goldman Sachs, où l’on précise que même une baisse du taux refi ne permettrait pas à la monnaie unique de perdre le terrain gagné cette année.
L’euro/dollar a franchi 1,38 hier, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis l’automne 2011, après qu’Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré qu’une nouvelle baisse de taux était peu probable. Tout en expliquant qu’il ne se félicitait pas de la force de l’euro, le gouverneur autrichien a expliqué qu’il fallait vivre avec car il ne voit pas comment combattre le phénomène.
Le renforcement de l’euro est soutenu par la politique monétaire américaine. Contrairement aux attentes, la Fed n’a pas décidé de diminuer son programme de rachat d’actifs (tapering) le mois dernier. Les indicateurs économiques comme les remous provoqués par les débats sur la dette et le budget devraient la pousser à attendre encore plusieurs mois pour beaucoup d’économistes. Même si l’annonce d’une LTRO par la BCE pourrait faire faire baisser l’euro, «la faiblesse du dollar ne devrait pas s’atténuer de façon convaincante avant la perspective d’un «tapering» imminent de la Fed», écrit la stratégie de Société Générale CIB.
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