L’Espagne attire les investisseurs pour ses adjudications à dix ans
Le ratio de couverture est ressorti à 2. Mais l’Espagne doit encore réaliser 30 % de son programme d'émission d’ici la fin de l’année
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Violaine Le Gall
Le drapeau espagnol flottant sur une place madrilène. Photo: Bloomberg news
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Après l’Italie mardi, le second poids lourd d’Europe du Sud a procédé hier à des adjudications regardées de près par les marchés. Madrid s’en est mieux sortie que Rome. L’Espagne a rouvert trois souches à dix ans pour des rendements autour de 5% alors que le Trésor italien a dû offrir une rémunération de 5,5% pour ses titres à cinq ans. Les investisseurs ont répondu présent à l’offre de l’Espagne. Elle a émis au total 3,95 milliards d’euros, un niveau proche du plafond préalablement fixé de 4 milliards. Et le ratio de couverture est ressorti, pour les trois souches, autour de 2. La demande a donc été supérieure à celles qu’avaient drainées les dernières émissions espagnoles à 5, 10 et 15 ans. «En termes de demande, l’adjudication (d’hier) peut être comparée favorablement aux deux dernières émissions espagnoles», commente Chiara Cremonesi, stratégiste taux chez UniCredit.
Les dernières adjudications espagnoles et italiennes reflètent donc la tendance sur les taux observée depuis début août. Le rendement des BTP à dix ans dépasse à présent de 19 pb celui des Bonos.
Pour son opération d’hier, l’Espagne a bénéficié d’un environnement plus favorable que l’Italie mardi dernier. Le ministère des Finances a annoncé un nouveau volet de mesures, comprenant notamment le retour de l’impôt sur la fortune, afin de réduire le déficit budgétaire. Les marchés ont en outre bien accueilli la conférence téléphonique entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Georges Papandréou de mercredi soir et misent sur des avancées lors du prochain Ecofin. En rachetant probablement des titres sur le marché ces derniers jours, la BCE a enfin préparé le terrain à l'émission.
Mais l’Espagne a encore fort à faire pour boucler son programme de financement cette année. Elle n’en a réalisé que 69% contre 79% à la même période l’an dernier. Et le ralentissement attendu de l'économie risque encore d’inquiéter les marchés. Dans sa publication d’hier, la Commission européenne table sur une croissance dans le pays de 0,1% au troisième et au quatrième trimestre. En Italie, elle sera nulle. Pour la zone euro, elle ressortira à 0,2 et 0,1%, soit 1,6% sur 2011, grâce à un premier semestre meilleur que prévu.
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