L’Espagne a réalisé près de 30% de son programme de financement 2012
Elle a effectué hier une syndication de dette de 4 milliards d’euros qui a attiré les investisseurs étrangers grâce à un environnement favorable
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Violaine Le Gall
Pour la première fois depuis mars 2011, l’Espagne a choisi de solliciter les investisseurs au travers d’une syndication. Avec l’aide de six chefs de file, elle a émis hier 4 milliards d’euros d’obligations à dix ans avec une marge de 300 points de base (pb) au-dessus du taux midswap. «Le livre d’ordres a atteint près de 8 milliards d’euros, souligne Zeina Bignier, responsable mondiale de l’origination pour le secteur public chez SG CIB, un des chefs de file. Le succès de la syndication reflète le retour de la confiance sur la dette espagnole». Le placement a en effet été très diversifié puisque les investisseurs internationaux ont représenté plus des trois quarts de la demande.
L’opération sécurise encore un peu plus le programme de financement espagnol, rondement mené depuis le début de l’année. Les 25,1 milliards d’euros déjà levés en 2012 représentent 29% du montant que le Trésor doit placer cette année sur le marché. A la même période l’an dernier, l’Espagne avait réalisé moins de 15% de son programme. Le pays doit émettre 86 milliards d’euros cette année, après 99 milliards en 2011.
L’amélioration générale des conditions de marché et la recherche de rendement par les investisseurs ont profité à Madrid. Dans ce contexte, les taux longs se sont détendus mais le potentiel de baisse des rendements est à présent plus limité. Les taux à 2, 5 et 10 ans ont enregistré leur plus bas niveau sur un an avant de se retendre légèrement, notent les spécialistes de Barclays Capital. Pour les stratégistes taux d’ING, le spread entre le Bono et le Bund devrait ressortir à 375 points de base (pb) à six semaines contre 319 pb actuellement.
L’Espagne est l’un des pays de la zone euro, avec la Finlande et la Belgique, à avoir accéléré son programme de financement à moyen long terme par rapport à 2011. A un rythme comparable à celui de l’an dernier, la France et l’Allemagne ont quant à elles assuré 15% et 12% de leurs programmes respectifs. L’Italie en revanche, dont les besoins de financement sont les plus importants dans la région, est légèrement en retard. Elle en a réalisé 9% d’après Barclays Capital. Sur l’ensemble de 2012, elle doit émettre 220 milliards d’euros, contre 214 milliards placés l’an dernier.
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