«Les volumes de fusions-acquisitions reculeront en 2008 en France»
indique à L’Agefi Charles-Henri Le Bret, responsable de l’investment banking France pour UBS
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Propos recueillis par Alexandre Garabedian
L’Agefi : Comment se comportera le marché français des F&A en 2008 ?
Charles-Henri Le Bret : Nous avons connu une très belle année 2007 malgré l’absence d’énormes opérations en France. Mais les volumes de transactions devraient suivre la même pente que le marché européen et s’afficher en recul en 2008, dans la mesure où la grande volatilité des marchés actions et les incertitudes sur le crédit rendent les acquéreurs plus attentistes.
Quel effet a la crise du crédit sur l’activité ?
Le premier impact est la fermeture de la syndication bancaire pour les LBO supérieurs à un milliard d’euros. Les LBO midcaps, entre 500 millions et un milliard d’euros, peuvent encore se financer, mais à condition que la composante dette soit minime, et avec des clauses plus restrictives. On assiste ainsi à une baisse des ratios de dette/Ebitda d’au moins un point et à un retour des tranches amortissables. Cela a pour deuxième effet de repousser les LBO primaires qui devaient permettre à certaines sociétés industrielles de céder des actifs.
Par ailleurs, même si les entreprises sont globalement en bonne santé financière et peu endettées, elles réfléchiront à deux fois avant de se lancer dans des opérations d’envergure au moment où la croissance des profits semble atteindre un pic. D’autant que leurs conditions de financement vont se renchérir.
Y aura-t-il des secteurs plus actifs que d’autres ?
Les entreprises exposées à l’économie américaine, à la construction, et plus généralement le segment industriel «classique» qui a été à la manœuvre en 2007, risquent de souffrir et donc de marquer une pause. A l’inverse, des secteurs comme le pétrole ou les valeurs pharmaceutiques, jusqu’ici plutôt discrets en termes d’acquisitions, pourraient se montrer plus actifs. Il existe aussi des opportunités de consolidation dans le secteur des télécoms.
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