Les vertueuses banques britanniques menacées par la crise européenne
La Banque centrale d’Angleterre (BoE) joue au jeu de la «patate chaude» avec ses voisins européens. Dans son rapport de stabilité financière publié aujourd’hui, l’institution britannique pointe du doigt les risques provenant de l’exposition indirecte des banques du pays aux membres les plus fragiles de la zone euro, par différents canaux de diffusion.
Tout d’abord, si la BoE considère que les banques britanniques ont renforcé leur capacité de résistance aux chocs, elle estime néanmoins que «le principal risque pour les banques britanniques réside dans la possibilité de pertes provenant de prêts aux ménages et aux entreprises de la zone euro, dans le cas notamment où les inquiétudes concernant la dette souveraine et le système bancaire conduirait à une croissance moins forte que prévue dans les pays de la zone euro».
Par ailleurs, les banques d’outre-Manche sont également exposées à hauteur de près de 300 milliards de livres (350 milliards d’euros) aux marchés français et allemand, dont «les systèmes bancaires sont plus fortement exposés aux économies les plus touchées». En ligne de mire, le portefeuille d’actifs à risque des banques allemandes qui se seraient élevés à 800 milliards d’euros fin 2008 selon la BaFin. Ou l’exposition des banques françaises aux «PIGS» (Emporiki au Crédit Agricole, ou Geniki à la Société Générale).
Une autre source d’inquiétude est le niveau particulièrement bas des obligations souveraines dans la plupart des économies avancées, qui poussent les investisseurs à se tourner vers les pays émergents pour obtenir de meilleurs rendements, créant ainsi des bulles dans ces pays. Par ailleurs, dans le cas où les taux remonteraient brutalement, comme ce fut le cas en 1994, la banque s’inquiète des pertes sur la valeur des actifs bancaires que cela engendrerait.
Mais la BoE se félicite des progrès réalisés par les banques du pays en matière de fonds propres, et note en outre que leur ratio «Tier 1» est à son plus haut niveau depuis 1992, alors que le faible niveau demandé par les investisseurs pour s’assurer contre un éventuel défaut de la dette subordonnée bancaire britannique est également un motif de satisfecit.
La banque centrale a en outre exhorté l’ensemble des banques à arrêter leur distribution de bonus et de dividende afin d’augmenter leur capacité de résistance à une aggravation de la crise européenne.
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