Les tensions sur le marché interbancaire orientent les réflexions de la BCE
La hausse récente des fixings des taux Eonia pourrait orienter voire hâter la décision attendue d’un nouvel assouplissement monétaire de la part de la BCE. Les fixings d’Eonia ont ainsi enregistré leur septième séance de hausse consécutive pour dépasser 0,13% hier, contre 0,07% il y a deux semaines.
Une progression certes modeste, mais qui ramène leur niveau à moins de 12 pb du taux de refinancement de la BCE. Cette évolution coïncide avec la baisse de l’excédent de liquidités dans le système qui est tombé à 152 milliards, son plus faible niveau depuis septembre 2011. A cette période, le taux Eonia était de 1,061%, soit 43,9 pb en dessous du taux repo, avec un excédent de liquidités pourtant plus faible, de 132 milliards.
Si des tensions sur l’interbancaire ne sont pas anormales en fin de mois, «la question est de savoir si la BCE tentera de renverser cette tendance lors de sa prochaine réunion» du 5 décembre, estime CA CIB. Des sources relayées par la presse allemande indiquent qu’elle envisage un nouveau LTRO, mais sous condition que les banques utilisent les fonds pour accorder de nouveaux crédits aux entreprises.
Deutsche Bank estime de son côté que «le Conseil pourrait trouver un compromis en laissant le taux repo inchangé, et en abaissant très légèrement le taux de dépôt en territoire négatif, ce qui permettrait de faire baisser les taux Eonia». L’échec de stérilisation du programme «SMP» cette semaine, qui va ajouter environ 35 milliards d’euros de liquidités dans le système et ainsi détendre la tension sur les taux Eonia, pourrait aussi inciter la BCE à suspendre tout ou partie de l’opération, ce qui permettrait de libérer jusqu’à 185 milliards.
La baisse des taux surprise de la BCE a permis au spread entre le rendement du Bund allemand à 10 ans et celui des Treasuries américains de se stabiliser depuis quelques jours au-dessus du seuil des 100 pb. «La forward guidance de la BCE fonctionne mieux que prévu. C’est d’autant plus remarquable que contrairement à la BoE, elle n’utilise pas de seuils quantitatifs et fait face à des pressions haussières sur les taux courts liées aux remboursements de LTRO», estime Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
En septembre, lorsque le taux 10 ans américain avait atteint 3%, le spread était resté contenu à 95 pb. En revanche, la baisse des taux directeurs n’a pas empêché l’euro de se renforcer de 2% contre dollar et de 5% contre yen depuis le 8 novembre.
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