Les tensions ressurgissent sur le marché obligataire européen
Les tensions ont refait surface sur le marché obligataire européen la semaine dernière. Des investisseurs semblent avoir pris leurs profits, forts du resserrement des spreads des mois derniers, tandis que des inquiétudes sont réapparues sur la vigueur de la reprise, le risque politique et la force de frappe de la Banque centrale européenne (BCE).
Au cours de la semaine dernière, les taux des titres à 10 ans de la France et de l’Allemagne se sont détendus de 13 points de base pour atteindre respectivement 1,78% et 1,32%. En revanche, le rendement des obligations grecques s’est tendu de 59 points de base, à 6,7%, celui des obligations portugaises de 15,8 pb, à 3,7% et celui des obligations italiennes de 9,3 pb à 3%. Les rendements de l’Espagne n’ont guère bougé (+2,6 pb).
La correction a été particulièrement marquée jeudi dernier alors que la première estimation de la croissance dans la zone euro publiée par Eurostat (+0,2% sur trois mois) a déçu les attentes. Selon les économistes d’Aurel BGC, «certains investisseurs avaient peut-être oublié que la croissance dans la zone sera autour de 1% cette année». Surtout, ces chiffres «constituent le pire des scénarios pour les investisseurs» car seule l’Allemagne tire son épingle du jeu avec un PIB en hausse de 0,8%.
Pour RBS, la correction s’expliquerait par des prises de profit : «les taux portugais traitent à 3,7% et non plus 7% tandis que l’Italie et l’Espagne sont autour de 3%, ce ne sont plus des niveaux qui seraient susceptibles de faire saliver des hedge funds». Si les analystes trouvent toujours les titres européens attractifs, ils attendent «quelques semaines de volatilité». «Les obligations européennes sont allées un peu trop loin, trop rapidement. Les investisseurs ne prêtent pas assez attention aux élections à venir alors que les eurosceptiques gagnent du terrain», ajoute RBS.
Selon les analystes taux de la Société Générale, cependant, l’écartement des spreads «est une opportunité d’achat. L’attente d’une action de la BCE en juin devrait soutenir l’intérêt pour les titres européens, notamment ceux des pays périphériques». Là encore, la recherche de RBS met en garde: les investisseurs sont «trop enthousiastes au sujet de la réunion de juin de la BCE». Cette dernière «ne peut pas tout résoudre seule».
A leurs yeux, un des principaux problèmes de la zone euro est le manque de capital des banques. Dans ce contexte, la BCE a peu de pouvoirs pour soutenir les PME ou la titrisation.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite». -
Les gérants maintiennent leur allocation défensive
Les actions pèsent toujours 48 % des portefeuilles, tandis que l’obligataire progresse d'un point à 43 %, au détriment de la poche de liquidités à 3 % (-1 point). -
Le Who’s Who des patrons de la Big Tech IA en France
Les start-up américaines spécialistes de l’intelligence artificielle générative ont toutes ouvert des bureaux dans l’Hexagone dirigés par des Français. Telle Open AI, qui vient de nommer Emmanuel Marill à la tête de la zone EMEA. -
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement.
ETF à la Une
iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
Contenu de nos partenaires
-
La compagnie aérienne américaine low cost Spirit Airlines cesse ses activités
Fortement affectée par la hausse des prix du kérosène, l’entreprise américaine a annulé tous ses vols. Elle avait déjà déposé son bilan à deux reprises en 2025. En 2024, la firme employait près de 11 000 personnes -
Le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne était « attendu » par Berlin
Vendredi 1er mai, les Etats-Unis ont annoncé le retrait d'environ 5 000 militaires d’Allemagne d’ici à un an. Washington envisage aussi une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne -
Trump veut augmenter les droits de douane à 25 % sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l'UE
Se disant mécontent de voir l’UE ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, Donald Trump a menacé de relever à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis. Et ce, dès la semaine prochaine