Les taux longs américains grimpent en flèche vers le seuil des 3%
La spirale baissière des Treasuries s’est accélérée hier. Le rendement des T-Notes à dix ans est monté à 2,873%, plus haut depuis deux ans
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Olivier Pinaud
Les bons du Trésor américain n’arrivent pas à enrayer leur spirale baissière. Deux jours après avoir achevé leur plus mauvaise semaine de ces deux derniers mois, les Treasuries ont touché un nouveau plus bas hier. Le rendement des T-Notes à dix ans est monté jusqu’à 2,873%, soit 4,8 points de base de plus que vendredi. Ils viennent de prendre plus de 30 points de base en une semaine glissante.
Ce mouvement violent s’accompagne d’une vive pentification de la courbe, avec des taux court et moyen termes également à leur plus haut niveau des ces deux dernières années, rappellent les économistes de Deutsche Bank. Les rendements à 10 ans se rapprochent ainsi de plus en plus de la barre de 3% qui, selon de nombreux stratèges, pourrait être rapidement franchie.
«Le mouvement de vente a été accentué par la faiblesse des volumes durant l’été, mais il faut aussi reconnaître que les marchés marchent sur des charbons ardents», indique Deutsche Bank. Un tweet posté vendredi par Bill Gross, l’influent gérant obligataire de Pimco, aurait alimenté les ventes de T-Notes en rappelant que sans les rachats d’actifs de la Réserve fédérale, les obligataires ne pourront bientôt plus compter que sur eux-mêmes pour vendre leurs titres. D’autant que le soutien des investisseurs étrangers s’affaiblit depuis le début de l’année. Ces derniers ont vendu pour 66,9 milliards de dollars de Treasuries en juin, le montant le plus important depuis août 2007, selon les statistiques du Trésor américain. Les investisseurs japonais et chinois représentent à eux seuls quasiment les deux tiers de ces retraits.
Les investisseurs redoutent donc un peu plus les conséquences du ralentissement prochain, vraisemblablement dès le mois de septembre, du programme de rachats d’actifs de la Fed. La publication, demain, du compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire des 30 et 31 juillet derniers permettra certainement de conforter leur opinion. D’autant que, comme l’indiquent les stratèges de la Société Générale, le début de reprise économique en Europe donne un peu plus de marge de manœuvre à la Fed pour infléchir sa politique monétaire. Depuis que Ben Bernanke, le président de la banque centrale américaine, a évoqué le 22 mai un infléchissement de sa politique monétaire, les rendements des T-Notes à dix ans ont pris plus de 120 points de base.
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Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an.
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Les marchés actions ont effacé la correction de mars pour repartir à l’assaut des sommets, notamment Wall Street, portés par une vague de bénéfices exceptionnels et une forte révision à la hausse des perspectives, grâce à l’IA. Mais cette euphorie ne doit pas occulter les nombreux risques encore à l’œuvre.
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