Les taux des emprunts d’Etat entrent en territoire inconnu
Il n’y a pas si longtemps, les emprunts d’Etat étaient symbole de valeur refuge et de rendement. Aujourd’hui, avec des taux proches de zéro, voire négatifs dans de nombreux pays en termes réels mais aussi nominaux pour certains, on en vient à se demander s’il ne vaut pas mieux laisser son argent dormir sous le matelas ! Pour le moins, les emprunts d’Etat ne sont guère attrayants: avec près de 60% (pour l’Allemagne) à 80% (pour la Suisse) des obligations affichant un taux négatif, les investisseurs doivent désormais payer pour avoir le «privilège» de prêter de l’argent à ces pays.
Le plancher «zéro» des taux d’intérêt impliquait jusqu’ici que les taux futurs ne pouvaient être négatifs, et qu’en cas de baisse des taux, les courbes s’aplatissaient. L’expérience récente montre à la fois que les taux peuvent baisser sous ce plancher «zéro», et les courbes se pentifier dans le même temps. N’y a-t-il donc plus de limite théorique aux taux d’intérêt ? Difficile à dire. Pour autant il existe toujours de nombreux investisseurs désireux d’acheter des emprunts d’Etat: ceux anticipant la déflation, une appréciation des devises, ou un assouplissement monétaire plus prononcé, ou encore les banques centrales pour qui le portage reste positif du fait de leur coût négatif de financement.
Quoi qu’il en soit, dans cet environnement pour le moins atypique, on ne peut que recommander une gestion obligataire active et opportuniste, ayant la capacité d’aller chercher le rendement là où il se trouve et de ne négliger aucun des moteurs de performance de l’obligataire, au premier rang desquels la devise.
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