Les taux d’emprunt français sont au plus haut depuis juillet 2012
C’est bien la dernière chose dont le gouvernement français, déjà sous pression maximale, a besoin en ce moment: une remontée des taux obligataires alors que le pays profitait jusqu'à présent de coûts d’emprunts historiquement bas. C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer. Les taux d’emprunt de l’Etat français à maturité 10 ans ont bondi hier d’environ 13 points de base (pb) à 2,44 % portant ainsi le coût de la dette à son plus haut niveau en 2013 et même depuis un an, loin du point bas de 1,65% touché en mai.
Depuis la semaine dernière, les propos du président de la Fed Ben Bernanke qui prévoit de débrancher la prise des liquidités l’année prochaine ont provoqué un regain de tension sur les marchés obligataires. Hier, les taux longs américains ont atteint plus de 2,6% entraînant à la hausse dans leur sillage les rendements des pays cœur de l’Europe, le Bund progressant d’environ 9 pb à environ 1,8%. Sans surprise, l’impact est encore plus fort sur la dette des pays périphériques. L’Espagne doit désormais offrir un peu plus de 5% de rendement aux investisseurs pour se refinancer, et l’Italie quasi autant (4,8%).
En France, «ce mouvement est inquiétant du point de vue de l’équilibre du marché entre l’offre et la demande. Néanmoins toute hausse de taux doit être durable pour affecter la charge de la dette. On peut considérer que cela ne remet pas en cause les projections budgétaires tant que les taux ne vont pas au-delà de 2,75% voire 3%», explique Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.
Mi-juin, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve avait indiqué que le gouvernement comptait récolter les fruits de ses taux d’emprunt avantageux. Il avait alors indiqué que la charge de la dette devrait ainsi être inférieure de 700 millions par rapport aux 46,9 milliards inscrits dans le budget 2013.
Du côté de l’Agence France Trésor, on soulignait hier que «la France continue à se financer à des taux extrêmement favorables. Le taux moyen pondéré pour les émissions de dette moyen et long terme se chiffre à 1,39% depuis le début de l’année contre 1,86% sur l’ensemble de l’année 2012».
Les prochaines projections sur la charge de la dette sont attendues avant la fin septembre dans le cadre du projet de loi de Finances 2014. D’ici là, tous les regards sont tournés vers Mario Draghi, le président de la BCE dont les marges de manœuvre semblent pourtant limitées.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie