Les taux américains corrigent une partie de leurs excès de janvier

Le rebond sur les maturités longues a été le plus fort, le rendement à 10 ans repassant au-dessus des 2%, après être tombé à 1,64% fin janvier.
Patrick Aussannaire

Le rallye de début d’année sur les Treasuries américains semble toucher à sa fin. Malgré une légère détente suite à la publication des minutes de la dernière réunion du FOMC, leur niveau s’est tendu de 19 à 48pb sur l’ensemble des maturités de 2 à 30 ans depuis leurs plus bas de janvier. «Si la correction cadre assez bien avec notre vue, elle surprend par son ampleur récente et surtout par sa concentration sur la partie longue de la courbe», précise SG CIB. Le spread 2/10 ans s’est repentifié de 27pb depuis le début du mois, après être revenu à ses niveaux de juillet 2012, qui constituaient un plus bas depuis janvier 2008.

En intégrant à peine deux hausses des taux Fed Funds d’ici à la fin de l’année, les contrats eurodollar sont en décalage avec la vue médiane de la Fed et avec celle du consensus des économistes qui les voit à 1% en fin 2015 et 1,50% en juin 2016, soit 25pb de plus que les taux forward. Le marché des swaps anticipe désormais un taux à un an à 1,28% dans un an, soit une hausse d’environ 75pb par rapport à son niveau actuel de 0,50%. Malgré un rebond de 19pb en moins d’un mois à 0,60%, le taux 2 ans reste, quant à lui, inférieur de 14pb à son plus haut depuis avril 2011 enregistré fin décembre.

Sur la partie longue, le rendement des Treasuries à 10 ans s’est tendu de 42pb depuis fin janvier pour repasser au-dessus du seuil des 2%, mais reste inférieur de 34pb à sa moyenne depuis début 2013. Avec la stabilisation des prix du pétrole, l’annonce du QE de la BCE, l’amélioration continue du marché du travail américain et la légère reprise de l’activité en Europe, «nous sommes actuellement sur des niveaux de valorisations plus sensibles, compte tenu du relèvement des taux Fed Funds prévu cette année», estime BNP Paribas CIB. La banque anticipe une hausse du taux 10 ans à 2,5% fin 2015.

Pour l’instant, la gestion du bilan de la Fed reste très prudente. «Non seulement la Fed ne vend pas les actifs qu’elle a acquis dans le cadre des QE qu’elle a mis en place, mais en plus elle «roule» le stock existant, le maintenant donc à un niveau constant dans son bilan», rappelle Natixis qui ajoute que tout changement de sa stratégie entraînerait une hausse de la volatilité des taux longs. Or, il s’agit d’un enjeu colossal, la Fed détenant 3,5 milliards de dollars de titres arrivant à maturité cette année, 212 milliards en 2016, 190 milliards en 2017, 368 milliards en 2018 et 327 milliards en 2019.

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