Les sénateurs italiens donnent leur feu vert au plan d’austérité révisé du gouvernement
Les députés pourraient être amenés à se prononcer dès la fin de la semaine sur ce projet qui vise à ramener le budget à l'équilibre en 2013
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Antoine Duroyon
Dans la course d’obstacles qui doit mener à l’adoption d’un plan d’austérité révisé, Rome vient de franchir avec succès une première haie. Le Sénat italien, où la coalition du Premier ministre Silvio Berlusconi dispose d’une majorité confortable, a donné hier soir son feu vert au gouvernement (165 voix pour, 141 contre et 3 abstentions). Fustigé pour son manque de volontarisme, l’exécutif avait choisi de solliciter un vote de confiance sur ce dossier. Une manière de restaurer une crédibilité passablement écornée.
A la dernière minute, sous la pression de la présidence italienne et de la Banque centrale européenne, le gouvernement a concédé une série d’amendements plus stricts: la mise en place d’une contribution exceptionnelle de 3% sur les très hauts revenus, l’allongement à 65 ans de l’âge de départ en retraite des femmes dans le secteur privé (à compter de 2014), et surtout, le relèvement d’un point de pourcentage (à 21%) de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette hausse devrait générer 700 millions d’euros de recettes supplémentaires d’ici la fin de l’année et 4,2 milliards en 2013, selon les estimations du ministère des Finances.
Ces mesures ont été saluées dans la nuit de mardi à mercredi par la Commission européenne. Elles «confirment la détermination des autorités italiennes à atteindre les objectifs fixés de réduction du déficit et de la dette, tout en contribuant à traiter la faiblesse structurelle profonde de l’économie italienne», a estimé Bruxelles.
Si le vote au Palais Madame, le siège romain des sénateurs, ne laissait guère de doute quant à une issue positive, il en va autrement à la Chambre des députés. La marge de manœuvre y est beaucoup plus étroite et les récentes dissensions au sein même de la majorité sèment le trouble. Beppe Pisanu, ancien ministre de l’Intérieur et cadre du parti Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, a estimé dans les colonnes de La Repubblica que le président du conseil devait s’effacer et faire place à un gouvernement d’unité nationale. Mais face à la pression des marchés, le pouvoir ne veut pas perdre de temps. Les députés pourraient être appelés à voter leur confiance au gouvernement dès la fin de la semaine.
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