Les résultats d’Air Liquide confirment son modèle de croissance durable
Le numéro deux mondial des gaz industriels ne semble pas perturbé par les incertitudes économiques actuelles après une année 2007 largement conforme aux attentes. Avec un bénéfice net de 1,12 milliard d’euros (+12,1 % par rapport à 2006), un résultat opérationnel courant de 1,79 milliard (+8,1 %) et un chiffre d’affaires de 11,8 milliards en hausse de 7,8 %, le PDG Benoît Potier ne voit en effet sur ses marchés « aucun signe de ralentissement », précisant qu’une détérioration de la situation économique aux Etats-Unis, où le groupe réalise 15 % de ses ventes, ne serait pas significative pour ses grands clients industriels principalement exportateurs.
A 2 milliards d’euros, la capacité d’autofinancement a augmenté de 8,7 % tandis que les investissements totaux, qui ont plus que doublé en un an à 2,67 milliards, ont été réalisés à plus de 50 % par croissance externe ; le groupe a notamment repris en juillet pour 550 millions d’euros à l’allemand GEA sa division d’ingénierie Lurgi, renforçant ainsi son portefeuille de technologies dans l’hydrogène et les biocarburants. Sa performance financière n’en reste pas moins solide malgré une dette nette en progression de 35 % à 4,66 milliards d’euros, le ROCE étant passé de 11,9 % à 12,3 %. Les décisions d’investissements industriels se sont élevées à 2,1 milliards en 2007 (+46 %), en avance sur le plan de 10 milliards sur 5 ans annoncé l’été dernier et qui devrait « en majorité » porter sur la croissance interne.
Après l’achèvement de son programme Opal qui s’est traduit par 400 millions d’euros d'économies sur 3 ans, le groupe a dévoilé les grandes lignes de son nouveau plan Alma visant 600 millions de gains opérationnels entre 2008 et 2010, d’où sa confiance réitérée sur une hausse annuelle de 10 % à 13 % du résultat net d’ici à 2011 pour des ventes en progression de 8 % à 10 %. Benoît Potier a précisé que le plan Alma supposait notamment une meilleure utilisation du capital, des efforts de productivité et d’embauches (25.000 à 30.000 dans les 5 à 7 ans) et le développement d’une culture d’entreprise forte, ceci « afin de dégager une marge de manœuvre indispensable pour pouvoir se payer la croissance ». De quoi peut-être permettre au groupe de regagner à terme sa place de leader mondial du secteur, ravie par l’allemand Linde depuis le rachat de l’anglais BOC à l’automne 2006.
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