Les responsables financiers des PME attentistes face au Sepa
Les financiers d’entreprise ne sont pas tous convertis au Sepa, l’espace unique de paiement en euros dont la mise en place progressive d’ici à 2012 a pourtant débuté le 28 janvier dernier. C’est ce qui ressort de la réunion organisée hier par trois associations professionnelles, celle des gestionnaires de crédit (AFDCC), des trésoriers d’entreprise (AFTE) et des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG). Même si la mise en place des infrastructures est de la responsabilité des banques, ces professionnels sont directement concernés par l’harmonisation des moyens de paiement (virement, prélèvement et paiement par cartes) dans 31 pays européens. Cependant, « le retard de la directive sur les services de paiement, adoptée à l’automne dernier avec plus d’un an de retard par rapport au calendrier initial, n’a sans doute pas contribué à accélérer la préparation des entreprises compte tenu du délai de transposition dans le droit français », note Gilbert Labbé, directeur de la Trésorerie d’EDF.
Alors que les grandes entreprises nationales ou internationales, dont les volumes de paiement sont importants, apparaissent plus sensibilisées à ce qui va devenir une obligation (voir L’Agefi du 14 février), les petites et moyennes entreprises semblent réticentes à s’engager dans un processus dont elles mesurent mieux les contraintes de court terme que les bénéfices induits à moyen terme, le retour sur investissement étant évalué à 5 ans. Comme le souligne Bernard Bohnert, directeur financier de Solving International, « la modification des systèmes d’information financiers et commerciaux, les coûts de transition hétérogènes et le flou régnant autour des différentes offres bancaires sont autant de freins ayant jusqu’ici conduit de nombreuses PME à différer la mise en œuvre d’un système qui leur apportera pourtant des gains de productivité à travers une meilleure gestion de trésorerie, ainsi qu’une sécurité accrue et une simplification des procédures ». Au-delà de la suppression des dates de valeur prévue dans la directive, l’arrivée des banques étrangères élargissant le champ concurrentiel devrait de surcroît aboutir à une baisse des commissions bancaires. Quant à la nomination d’un « Monsieur Sepa » recommandée par le Medef, elle semble difficilement envisageable dans les PME. Le travail pédagogique à propos du Sepa semble bien loin d’être terminé.
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