Les réserves de change sont le facteur clé des problèmes des émergents
Dans un monde de resserrement de la liquidité mondiale, les pays émergents affichant les plus forts déficits externes sont ceux qui devront a priori subir les ajustements les plus importants pour retrouver des financements externes pérennes. Cet ajustement passe souvent par une baisse de la devise, une hausse des taux d’intérêt et un ralentissement de l’économie, préalable à un retour ultérieur de la confiance des investisseurs. Le graphique ci-contre montre un des facteurs clé de stress pour les économies émergentes: l’évolution de leurs réserves de change sur 3 et 6 mois et le nombre de jours d’importations qu’elles couvrent.
On constate que l’Inde et l’Indonésie, deux pays pourtant identifiés comme faisant partie des «Fragile Five» ces derniers mois compte tenu du déficit de leurs comptes courants, ont réussi à redonner une dynamique positive à leurs réserves de change au cours des 3 à 6 derniers mois. Ce redressement est en partie forcé, le niveau des importations s’adaptant à celui que le marché est «disposé» à financer, et pour partie géré par les autorités elles-mêmes, qui acceptent de ralentir la croissance.
Le Brésil est un autre cas de figure: confronté à un déficit de ses paiements courants de 3,7% du PIB, il a continué à voir ses réserves de change reculer, mais il reste assis sur un matelas de plus de 360 milliards de dollars, équivalent à près de 12 mois d’importations. A l’inverse, des pays comme la Turquie, mais surtout l’Argentine et l’Ukraine sont dans une situation périlleuse, avec un effondrement de leurs réserves. Quant au Venezuela, si ses réserves affichent un solde positif sur la période, elles ne couvrent pourtant que 3 mois d’importations… à peine plus que l’Ukraine malgré la rente pétrolière !
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