Les rendements obligataires dans la zone euro ne se détendent pas
Près de deux mois après le début des tensions sur les rendements obligataires européens, le marché de la dette souveraine n’est toujours pas apaisé. Certes, le sauvetage de l’Irlande, dévoilé le 22 novembre dernier, a permis une détente sur les taux celtiques. Après avoir atteint un niveau record à 9,35% le 30 novembre, lorsque les opérateurs ont commencé à espérer une intervention plus forte de la Banque centrale européenne, le rendement à dix ans s’est nettement détendu, de 115 points de base. Hier, une nouvelle étape a été franchie avec le vote par le parlement du plan de l’Union européenne et du FMI.
Mais les autres obligations d’Etat continuent de subir la défiance des investisseurs, malgré la création d’un mécanisme durable de stabilité financière au niveau de la zone euro à partir de 2013 sur lequel le sommet européen va travailler aujourd’hui et demain. Ainsi, le taux portugais à 10 ans qui avait atteint un sommet à plus de 7 % fin novembre, s’est ensuite détendu de 110 points de base mais a finalement repris 52 pb à 6,4 %, les investisseurs s’interrogeant sur la capacité du gouvernement à mener à bien son plan d’austérité sans faire appel à l’Union européenne. En Espagne, qui vient d’être placée sous surveillance négative par Moody’s (voir ci-dessous), le rendement à 10 ans demeure, depuis fin novembre, à des sommets inégalés depuis 2002. Mardi dernier, il est ressorti à 5,5%. Les taux courts espagnols souffrent aussi. Ils ont décalé de 77 pb sur le mois dernier.
Les spreads par rapport au taux sans risque, le Bund, n’ont pas pour autant enregistré de nouveaux points hauts car les rendements allemands se tendent également. Depuis début novembre, ils se sont écartés de 55 pb à 3%, retrouvant ainsi le niveau de début mai, en pleine crise de la dette souveraine grecque. Entretemps, le rendement du Bund avait atteint un plancher à 2,1 % fin août.
Les taux swaps sur les maturités longues augmentent aussi. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par «un environnement de hausse généralisée des taux longs», notamment aux Etats-Unis, souligne René Defossez chez Natixis, mais aussi par une baisse de l’incertitude comme en témoigne la baisse de l’indice VIX qui mesure la volatilité sur le marché actions.
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