Les rendements espagnols restent à des niveaux élevés
Madrid a un problème. Les taux espagnols recommencent à monter. Comme d’ailleurs ceux des autres pays périphériques: les rendements à 10 ans portugais sont repassés par exemple au-dessus de 7% la semaine dernière, un niveau jugé insoutenable à long terme. Le répit obtenu grâce à l’annonce de négociations sur la capacité d’intervention du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) aura donc été de courte durée.
Le projet de réforme des retraites annoncé la semaine dernière par l’Espagne n’a eu à cet égard aucun effet. A partir de 2013, l’âge légal de la retraite sera relevé très progressivement de 65 à 67 ans, la durée minimale de cotisation de 35 à 37 ans, et le calcul de la pension sera basé sur les 20 puis les 25 dernières années de cotisation, au lieu des 15 dernières aujourd’hui. Ce gage de bonne gestion donné au marché a laissé inchangé l’écart de rendement à 10 ans avec le Bund, à 230 points de base, et les taux, à 5,44%.
Les investisseurs restent en effet focalisés sur les problèmes du système bancaire espagnol. Madrid a enfin décidé de prendre le problème à bras le corps, en chiffrant à 20 milliards d’euros la recapitalisation du secteur, en plus des 13 milliards déjà injectés. «C’est une première réponse positive, mais les montants annoncés ne sont pas à la hauteur des attentes du marché et ne suffiront pas à rétablir la confiance sur l’Espagne, juge Jacques Cailloux, chef économiste Europe de RBS. Nous estimons plutôt à 50 milliards d’euros le besoin minimum en capital, et le consensus du marché se situe plutôt à 80-100 milliards».
Le deuxième chantier à boucler reste bien sûr celui de l’EFSF. Alors que Christine Lagarde s’est encore prononcée vendredi pour un accroissement de sa taille, si besoin, les membres de la coalition au pouvoir à Berlin soufflent le chaud et le froid. Doter le Fonds d’une capacité de prêt effective de 440 milliards d’euros supposerait de relever à 750 milliards les garanties apportées par les pays européens.
Mais «un accroissement de la taille de l’EFSF ne résoudra pas à lui seul le problème, car les marchés ont l’impression qu’un pays ayant recours au mécanisme ne peut plus en sortir», souligne Jacques Cailloux. L'économiste plaide aussi pour des rachats de dette sur le marché secondaire et pour une baisse du taux des prêts de l’EFSF (près de 6% aujourd’hui). Réponse le 24 mars lors du Sommet européen des chefs d’Etat.
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