Les réhausseurs de crédit conviés à se recapitaliser ou à se scinder en deux
Les assureurs de titres jugent que ces mesures envisagées par les autorités américaines ne sont pas justifiées
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Thierry ARNAUD à New York
L’étau se resserre autour des réhausseurs de crédit américains. Le directeur du Département de l’Assurance de l’Etat de New York Eric Dinallo s’est prononcé hier devant la Commission des Services Financiers de la Chambre des Représentants en faveur de la scission de MBIA, Ambac et autre FGIC en deux entités. La première conserverait les activités les plus saines, et notamment l’assurance des obligations émises par les autorités locales américaines, la seconde les financements structurés, et en particulier les titres adossés aux crédits immobiliers subprime. Cette approche a déjà inspiré l’offre présentée cette semaine par l’investisseur Warren Buffett : 800 millions de dollars pour la reprise à MBIA, Ambac et FGIC de leur dette dite « municipale ».
Les autorités de l’Etat de New York, où les réhausseurs de crédit ont leur siège, souhaitent à tout prix éviter l’abaissement de leur notation AAA, qui se répercuterait immédiatement sur la dette émise par des milliers de municipalités, d’autorités locales, d’établissements scolaires ou d’hôpitaux partout aux Etats-Unis. S’il partage cette ambition, le gouverneur de New York, Eliot Spitzer a présenté hier au Congrès une solution à ses yeux plus rapide et plus efficace : la recapitalisation. Mais il a donné aux établissements trois à cinq jours ouvrables pour trouver les ressources nécessaires, faute de quoi il donnera son feu vert à la restructuration.
Pour les dirigeants des réhausseurs de crédit, « un sauvetage financier d’établissements solvables qui sont, au plus, en danger de perdre la notation la plus élevée, n’est pas fondé, » a résumé le directeur financier de MBIA, Charles Chaplin. Le groupe a levé 2,6 milliards de dollars et dispose d’un surplus de un milliard de dollars au-delà des exigences énoncées par les agences de notation, a-t-il rappelé. De fait, Moody’s a fait savoir hier soir qu’elle jugeait MBIA et Ambac « mieux positionnées du point de vue de leur capitalisation et de leur franchise » que FGIC, à laquelle l’agence a retiré sa notation AAA. FMR, la maison mère des fonds Fidelity, a par ailleurs annoncé hier qu’elle avait pris une participation de 5,5% dans MBIA et 5,4% dans Ambac, dont les titres ont progressé hier soir de 8,4% et 12,4% respectivement.
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