Les régulateurs cherchent à identifier les gérants d’actifs systémiques
Les régulateurs internationaux tentent de trouver la meilleure façon d’identifier les acteurs financiers qui ne sont ni des banques, ni des compagnie d’assurance, mais qui sont potentiellement porteurs de risques systémiques au niveau mondial, comme les grands gestionnaires d’actifs.
Le Conseil de stabilité financière (FSB) et Iosco, qui regroupent respectivement les autorités en charge de la stabilité financière et les régulateurs des marchés, ont ouvert hier une consultation jusqu’à la fin du mois de mai sur les critères qui permettraient d’identifier ces acteurs (désignés comme «NBNI G-SIFIs»). Les régulateurs, qui avaient déjà soumis à consultation en 2014 une première ébauche de leurs travaux, répondent ainsi aux demandes formulées par le G20 en 2011.
Comme dans le cadre des travaux, plus avancés, sur les grandes banques et compagnies d’assurance systémiques, les régulateurs proposent d’abord d’identifier ces établissements en fonction de leur taille, de la complexité de leur structure, de leurs connexions avec le reste du système financier et du caractère international de leurs activités. Enfin, ils évaluent si les activités des acteurs en question peuvent être proposées par d’autres intervenants en cas de difficultés.
Une fois ces critères établis, les régulateurs se sont trouvés confrontés à la très grande diversité des acteurs qui pourraient tomber dans la catégorie des NBNI G-SIFIs mais surtout au manque de données sur ces différents acteurs. Afin d’identifier les établissements potentiellement dangereux pour la stabilité financière, les régulateurs internationaux reconnaissent donc qu’ils vont devoir compter très largement sur l’analyse réalisée par les régulateurs nationaux.
Afin d’aider ces derniers dans cette tâche, le FSB et Iosco proposent, par type d’acteurs, de fixer des seuils, à partir desquels les autorités devraient se pencher sur le caractère systémique ou non des établissements. Par exemple, pour les sociétés financières (finance companies) dont font partie les captives automobiles, les régulateurs internationaux proposent un seuil d’identification de base de 100 milliards de dollars de total de bilan.
Si les régulateurs ont bien avancé sur les critères d’identification des sociétés financières et des fonds d’investissement, ils ont mis sur la table une nouvelle méthode possible d’identification des gestionnaires d’actifs et des fonds d’investissements systémiques.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie