Les promotions dans la téléphonie mobile font trébucher Bouygues en Bourse
La marge d’Ebitda du dernier trimestre a perdu plus de 6 points. Les analystes ne s’attendaient pas à un tel recul
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Olivier Decarre
Perdre 6,45 % en Bourse après avoir publié un résultat net des activités poursuivies en hausse de 32 % sur 2007 (1,38 milliard d’euros) peut sembler sévère. Mais Bouygues a bel et bien déçu le marché hier. L’opérationnel a beau avoir gagné 15 % à 2,18 milliards, le marché l’attendait plus haut, à 2,3 milliards.
C’est précisément de Bouygues Telecom qu’est venue la déception. « L’Ebitda annuel ressort à 1,33 milliard alors que nous attendions 1,45 milliard, induisant une marge de 28 % contre une estimation de 30 %, déplore Dexia. La marge du quatrième trimestre apparaît très faible, à peine 16 % contre 22,4 % un an plus tôt et une marge supérieure à 30 % sur neuf mois. Le dernier trimestre est traditionnellement faible en termes de marges, mais nous n’avions pas prévu une chute si brutale. »
Philippe Montagner, PDG de Bouygues Telecom, a invoqué « des coûts commerciaux supérieurs à ceux du quatrième trimestre 2006 ». Cette année-là, le dernier trimestre avait en effet été peu affecté par les efforts commerciaux. Ceux-ci avaient plutôt été fournis au deuxième trimestre, dans la foulée du lancement des offres Neo. En revanche, l’an passé, c’est au dernier trimestre que l’opérateur a décidé de participer à la guerre commerciale dans un contexte de forte concurrence. Cela lui a permis de maintenir une part de marché au-dessus des 20 % (20,1 % en valeur). Mais revers de la médaille, les coûts d’acquisitions et de fidélisation ont dépassé de 60 millions ceux du dernier trimestre 2006. On peut en tout cas se demander s’il n’y pas eu des interférences dans la communication en amont entre le groupe et le marché. Car à l’heure où les groupes cotés tentent de piloter au mieux les consensus, de telles incompréhensions deviennent rares entre entreprises et analystes.
Reste que le discours sur les perspectives a été mieux accueilli. Chez Bouygues, on dit d’ailleurs avoir voulu « préparer l’avenir » avec ces efforts commerciaux dans la téléphonie. Au niveau du groupe, cela devrait aider à afficher une croissance de 9 % en 2008. Des « perspectives supérieures aux attentes », selon CIC. L’avenir passera aussi par une offre ADSL (a priori début 2009). Le groupe s’intéresse également à Alice. « On va demander le dossier », a indiqué le PDG, Martin Bouygues, qui juge par ailleurs que « le déploiement d’un quatrième réseau mobile est physiquement impossible ».
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