Les professionnels de la titrisation restent prudents sur la reprise du marché
Le marché primaire européen de la titrisation est resté calme ces derniers jours dans un contexte d’incertitudes sur l’avenir de la Grèce et alors que les professionnels de la titrisation se retrouvaient à Barcelone pour leur grande réunion annuelle.
«La tonalité de la conférence ABS de Barcelone était plutôt tiède», résument les analystes de Citi. «La régulation reste le principal point d’attention» soulignent-ils. Les professionnels, désormais soutenus par de nombreuses autorités, n’ont de cesse de dénoncer des règles trop pénalisantes. Le commissaire européen aux Marchés financiers, Jonathan Hill, a annoncé qu’il présenterait après l’été un projet pour réviser les exigences de capital et de solvabilité imposées aux investisseurs en titrisations qui répondent à des critères de transparence et de simplicité. «Dans quelle mesure cela va-t-il répondre aux inquiétudes du marché et à quel moment le nouveau cadre réglementaire va-t-il être mis en œuvre, ce sont des questions qui restent sans réponse aujourd’hui», déplorent cependant les analystes de Citi.
Dans ce contexte, la BCE continue à intervenir sur le marché. Depuis novembre dernier, elle acheté 8,3 milliards d’euros de titrisations dans le cadre de son programme d’achat. Toutefois, «tout le monde adore taper sur la BCE et la blâmer pour sa domination du marché», rapporte Gareth Davies, le chef de la recherche ABS de JPMorgan. A ses yeux, le ton général de la conférence de Barcelone était celui d’un «manque de conviction et presque d’une acceptation résignée du statu quo».
«Même si les sujets de discussion durant la conférence étaient globalement similaires à ceux des précédentes éditions, nous avons perçu une ambiance plus positive, notamment concernant l’offre de titrisations», estime au contraire Ruben Van Leeuwen, de la recherche de Rabobank. «C’est surprenant alors que les conditions d’émissions sont toujours loin d’être idéales», poursuit-il, évoquant notamment les incertitudes liées à l’avenir de la Grèce.
Quelques opérations sont cependant prévues. Le Crédit Foncier a annoncé la mise à prix d’un nouveau RMBS, CFHL-2 2015 de 1,37 milliard d’euros. La banque portugaise Banif a par ailleurs dévoilé son intention de placer un ABS de PME (Atlantes SME 5), dont les deux tranches non retenues devraient représenter quelque 475 millions d’euros. Volkswagen a par ailleurs signalé le placement d’un ABS Auto (Driver Master 1), de près d'1,2 milliard.
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