Les prix s’affolent dans un marché du pétrole sous haute tension
Les mouvements de cours inexpliqués se multiplient. Il n’aura pas fallu plus de quatre minutes hier soir en fin de séance pour que les prix du brut chutent de près de 4 dollars pour tomber à 111,50 dollars sur le marché londonien (ICE Futures Europe exchange). Sur les marchés à terme américains (Nymex), le prix du contrat à échéance octobre sur le brut léger (WTI) a chuté de 97,88 à 94,83 dollars en une minute, avec une envolée des volumes traités. Quelque 12.500 contrats ont ainsi changé de mains en une minute, contre seulement 500 contrats une minute auparavant. Dans le même temps, le marché européen du Brent a terminé en recul de 2,87 dollars, soit une baisse de 2,46%, à 113,79 dollars. «Aujourd’hui ce sont les prix qui créent l’évènement, et pas l’évènement qui détermine les prix», résume Tim Evans, analyste chez Citi Futures Perspective.
De quoi mettre à pied d’œuvre la CFTC qui s’est instantanément penchée sur les circonstances de l’incident. Pour l’heure, le régulateur américain du marché des contrats à terme a néanmoins indiqué qu’il était difficile de dire à ce stade si le trading haute fréquence avait joué un rôle. «Des mouvements de prix aussi rapides (…) , nous mettent en haut niveau d’alerte» a commenté Bart Chilton au nom du régulateur. Le CME, qui détient le Nymex, a indiqué n’avoir constaté aucune erreur technique et n’annulera pas les ordres passés en séance.
D’autant que certains analystes mettent l’incident sur le compte de l’expiration du contrat WTI à échéance octobre qui occasionne des roulements de positions. Vendredi, 11.000 contrats d’options d’achat à un cours cible de 100 dollars n’avaient pas été débouclés.
Des tensions qui s’inscrivent dans un contexte d’anticipations des marchés que le gouvernement américain ira finalement puiser dans ses réserves stratégiques de brut pour faire baisser les prix de l’essence en période électorale, ainsi que de craintes concernant le programme nucléaire iranien. L’anticipation des interventions de la BCE et de la Fed avait tiré le baril de Brent vendredi à 117,95 dollars, son plus haut niveau depuis mai. Or, les analystes considèrent le prix de 120 dollars comme un seuil psychologique. Les ministres du G7 ont appelé le mois dernier les exportateurs à accroître leur production, quitte à avoir recours à l’Agence internationale de l'énergie pour «s’assurer que le marché est approvisionné entièrement et à temps».
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