Les premières minutes de la BCE éclairent la genèse du QE
Le contenu du tout premier «compte-rendu» public des discussions au sein du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas surpris les observateurs. Il donne cependant plus de précisions sur les options qui ont été envisagées par les banquiers centraux lors de leur réunion fin janvier, avant qu’ils ne décident de lancer un programme d’assouplissement quantitatif (QE) de 60 milliards d’euros par mois.
La publication d’une synthèse des débats au sein du conseil des gouverneurs était attendue de longue date et rapproche la communication de la BCE de celles des autres grandes banques centrales. Elle doit permettre une meilleure appréhension par les marchés de sa politique. Les minutes, d’une vingtaine de pages, synthétisent les présentations faites sur la situation macroéconomique et sur les marchés financiers. Tout en préservant l’anonymat des gouverneurs pour garantir l’indépendance de la BCE, elles restituent aussi les différences d’opinion au sein du conseil.
Le président de la BCE, Mario Draghi, avait déjà donné un aperçu de celles-ci et expliqué qu’il y avait eu un «large accord» pour lancer le QE. «Les minutes ne révèlent rien de vraiment neuf», réagit Peter Vanden Houte, économiste chez ING. «La seule réelle surprise contenue dans les minutes est le fait que le conseil des gouverneurs a opté pour des achats mensuels de 60 milliards d’euros, alors que Peter Praet [ndlr : membre du directoire] avait proposé de n’acheter que 50 milliards d’euros par mois», écrit-il. Les gouverneurs ont cependant souhaité ainsi «accélérer l’impact du programme».
L’idée que la BCE pourrait acheter seulement les titres d’Etat notés au moins AA a été abordée, mais elle a été jugée «moins efficace» que des achats plus larges. Le conseil a également évoqué l’idée d’acheter des obligations d’entreprises, mais «il a été considéré que, compte tenu du niveau des rendements des obligations d’entreprises et de la taille de ce marché, le potentiel d’assouplissement créé par des achats d’obligations d’entreprises est apparu relativement petit». «Il a été fait la remarque que cette classe d’actifs ne devrait pas être exclue de toute considération future, si besoin», ajoute cependant le compte-rendu.
Plusieurs économistes relèvent l’importance des anticipations de marché. Le compte-rendu fait en effet valoir qu’il aurait été difficile pour la BCE de les décevoir en optant pour le statu quo sans que cela ait un impact négatif sur les conditions financières.
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