Les positions de la Grèce et de ses créanciers restent inconciliables
L’optimisme à la Bourse d’Athènes, qui a progressé de 8,16% jeudi, risque d'être de courte durée. Les négociateurs du FMI et du gouvernement grec ont quitté hier soir Bruxelles sans la moindre avancée en direction d’un accord. L’organisme de Washington est même allé jusqu'à évoquer des «divergences majeures» entre Athènes et ses créanciers, alors qu’un haut responsable de l’Union européenne (UE) confiait quelques heures plus tôt avoir bon espoir de voir un accord sur la table de l’Eurogroupe lors de sa prochaine réunion du 18 juin.
Pis, la rencontre entre le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui était présentée comme la «dernière tentative pour rendre un accord possible» n’a débouché sur aucune annonce. Selon Reuters, le désaccord persisterait sur les moyens de parvenir à un nouvel objectif d’excédent primaire, c’est-à-dire hors service de la dette. Athènes refuse catégoriquement une réduction des pensions de retraite et des hausses de taxes.
Le président de l’UE, Donald Tusk, est monté au créneau, sortant de sa traditionnelle réserve, pour appeler Athènes à cesser de manoeuvrer. «Nous avons besoin de décisions, pas de négociations», a-t-il lancé depuis Bruxelles. «Il n’y a plus de marge pour parier, il n’y a plus de temps pour miser. J’ai bien peur qu’arrive le jour ou quelqu’un dira que le jeu est terminé», a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse. C’est donc bien un ultimatum en bonne et due forme auquel la Grèce semble devoir se préparer. «La balle est principalement dans le camp de la Grèce», a sobrement commenté le porte-parole du FMI Gerry Rice.
Son homologue pour le compte du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a néanmoins déclaré qu’Athènes était prêt à intensifier les discussions en vue de parvenir à un accord «même dans les prochains jours». Le représentant a évoqué comme points à discuter «la question budgétaire et la viabilité de la dette». Outre-Rhin, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a estimé pour sa part que «le temps presse et le risque de cessation de paiement augmente de jour en jour». «Les effets de contagion d’un tel scénario sont certainement mieux contenus qu’ils ne l'étaient dans le passé mais ils ne doivent pas être sous-estimés», a-t-il prévenu.
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