Les plates-formes obligataires corporates en sont au stade du démarrage
Les plates-formes dédiées à l’échange de dette d’entreprise à Paris ne prennent que très doucement leur envol. Voilà plus d’un un an, le Comité Cassiopée consacré au lancement d’un marché secondaire obligataire «corporate» en euros en France concluait sa mission en présentant trois projets portés par Nyse Euronext, Tradingscreen et MTS.
Pour l’instant, seul le projet de Nyse Euronext, BondMatch, a été lancé, en juillet dernier. Aujourd’hui, la plate-forme compte environ 25 participants, elle reçoit des prix sur 500 à 600 titres par jour (avec des pointes à 800). En moyenne, 300.000 à 400.000 ordres sont passés quotidiennement mais le groupe ne communique pas de taux d’exécution.
«Les volumes sont encore assez modestes ce qui est normal puisque nous avons reçu les premiers flux de clients qui passent par l’intermédiaire d’un membre direct de Nyse BondMatch il y a seulement une quinzaine de jours», explique Nathalie Masset, directeur adjoint des marchés obligataires européens chez Nyse Euronext. Les investisseurs institutionnels préfèrent passer par des intermédiaires plutôt que de se connecter à la plate-forme. Il a donc fallu s’adapter techniquement.
Autre adaptation attendue par les investisseurs : Bloomberg doit permettre de négocier non plus seulement en prix mais aussi en spread. Enfin, Nyse Euronext travaille avec Paris Europlace sur la création d’un contrat de liquidité qui permettra aux émetteurs de déléguer la gestion de leur dette à une banque ou un courtier. Le groupe espère le feu vert de l’AMF au mois d’avril.
MTS (détenu par le LSE) affirme qu’il va franchir un pas important «dans les semaines à venir», en élargissant à de nouveaux titres son offre de crédit en «request for quote» (les institutionnels demandent aux banques de leur offrir des prix). De façon complémentaire, le groupe va lancer sa plate-forme avec carnet d’ordres.
«Notre offre sera d’abord concentrée sur les segments ‘covered bonds’ et ‘supranationaux’ pour s'étendre ensuite à l’ensemble des segments crédit», explique Gabriele Frediani, directeur des marchés chez MTS. Contrairement aux souhaits du Comité, il ne compte pas utiliser de contrepartie centrale à court terme, «C’est assez compliqué et onéreux», dit-il.
Quant à Tradingscreen, il travaille à la connexion de ses futurs membres, plutôt européens que français, à sa plate-forme Galaxy. Elle devrait être lancée d’ici à l'été.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam. -
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
Chaud devantAprès la canicule, l'hôpital entre mesures express et promesses à dix ans
Il faudra attendre des semaines pour pouvoir tirer le bilan humain de cet épisode historique de canicule -
Coup de chaudLe torchon brûle entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire
Les esprits s'échauffent entre la grande distribution et ses fournisseurs agroalimentaires. La température ne semble pas près de retomber -
Face aux chaleurs extrêmes les pièges du « travailler moins »
Le débat s’enflamme sur l’adaptation du travail à la canicule, mais il n'échappe pas aux limites économiques du pays