Les perspectives moins optimistes de la BoE pèsent sur la livre
La livre sterling a connu des hauts et des bas, mercredi. Alors que la devise britannique s’est renforcée face à l’euro dans la foulée de la publication de la baisse du chômage, elle a reperdu du terrain dans l’après-midi après que la Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé une baisse de ses prévisions de croissance à l’occasion de la publication de son rapport sur l’inflation. De quoi effacer une partie de la hausse enregistrée par la devise depuis la victoire des conservateurs aux élections.
Le taux de chômage en Grande-Bretagne est tombé à 5,5% entre janvier et mars alors qu’il était encore à 5,7% au dernier trimestre de l’année dernière, selon l’office national des statistiques. Par ailleurs, le rythme de progression des salaires a été de 2,2% (bonus exclus). Dans la foulée de la publication des chiffres du marché du travail, la parité livre/euro est montée de 1,38 à 1,40. La devise a cependant reperdu du terrain pour retomber à 1,38 face à l’euro après la publication du rapport sur l’inflation du mois de mai de la BoE.
Même si l’inflation est tombée à 0% en mars, tirée à la baisse par le prix des matières premières, la BoE n’a pas chamboulé ses prévisions d’inflation. Elle se montre toujours confiante dans le fait que la hausse des prix va retourner vers sa cible de 2% d’ici au début de 2017 et affirme qu’en dépit de la faiblesse du PIB au premier trimestre de l’année 2015 (0,3%), les perspectives de croissance restent «solides».
La BoE a néanmoins décidé de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2015, de 2,9% à 2,5%, et pour 2016, de 2,9% à 2,6%. Quant à la prévision de hausse du PIB pour 2017, elle a été ramenée de 2,7% à 2,4%. «La raison qui a motivé ces révisions reste incertaine à nos yeux, mais la BoE anticipe probablement que la consolidation budgétaire va peser sur la croissance», explique l’économiste d’UniCredit, Daniel Vernazza. «La BoE ne semble pas pressée de relever les taux et il y a un risque que la première remontée des taux que nous attendions dès le mois de novembre intervienne plus tard», poursuit-il.
«Dans l’ensemble, nous sommes à l’aise avec notre prévision d’une première hausse des taux intervenant en février 2016 (+25pb), même si les risques pèsent toujours dans le sens d’une action plus tardive», écrit l’économiste de RBS, Ross Walker. Dans ce contexte, les économistes surveilleront de près la publication des chiffres d’inflation du mois d’avril la semaine prochaine.
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