Les perspectives du marché immobilier britannique sont moroses

Le pessimisme des membres de la RICS quant à l’évolution prochaine des prix est au plus haut depuis quinze ans
Kaysser Cherif

La déprime du marché immobilier britannique, moteur de l’activité économique au Royaume-Uni, a perduré en janvier. Les turbulences des marchés de capitaux résultant de la crise des crédits à risque aux Etats-Unis et les problèmes rencontrés par les établissements de crédit hypothécaire, tel Northern Rock, ont pesé sur le marché.

Les membres de l’association britannique des professionnels de l’immobilier, la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS), ont exprimé au sein de l’enquête du mois de janvier un degré de pessimisme au plus haut depuis quinze ans quant à l’évolution des prix des biens. Ainsi, le nombre d’agents faisant part d’une baisse des prix a été supérieur de 54,7 points à ceux rapportant des augmentations. L’indice de cette évolution pressentie à court terme s’est élevé à -63, soit son plus bas niveau depuis sa mise en place en octobre 1998.

Dans un communiqué, les professionnels de l’immobilier expliquent que « cette dégradation est la plus importante depuis que la Grande-Bretagne est sortie de sa dernière récession en 1992 ». Cela en dépit des deux récentes baisses du taux d’intervention de la Banque centrale d’Angleterre (BoE) à 5,25 %. D’ailleurs, l’institution monétaire avait expliqué ce mouvement de détente monétaire en s’inquiétant ouvertement de l’état du marché immobilier et de ses conséquences sur la croissance économique au Royaume-Uni. En outre, la hausse des coûts du crédit semble expliquer cette forte dégradation. D’ailleurs, pour le porte-parole de la RICS Jeremy Leaf, « le resserrement des conditions de crédit par les banques n’a pas laissé les investisseurs profiter du plongeon du marché de l’immobilier ». Un agent immobilier interrogé dans le cadre du rapport confirme également que « les primo-accédants ont déserté le marché en souhaitant sans doute voir les taux d’intérêt encore baisser ».

De plus, les banques se montrent rétives à faire bénéficier leurs clients de la baisse des taux d’intérêt après que le système financier mondial a comptabilisé quelque 145 milliards de dollars de provisions pour dépréciations d’actifs. Et il est vrai que le nombre de saisies d’habitations a fortement augmenté ces derniers mois. La RICS avait annoncé auparavant une hausse de 50 % pour cette année, soit 45.000 saisies.

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