Les pays périphériques ont réduit leur dépendance au financement externe
La résolution d’une crise peut en cacher une autre. Sur l’année 2013, la zone euro a dégagé un excédent courant record de 221,3 milliards d’euros, soit 2,3% du PIB des économies de la zone, selon les chiffres de la BCE. Un quasi-doublement par rapport aux 128,6 milliards dégagés en 2012. En décembre, l’excédent s’est maintenu à 21,3 milliards après le record de 23,3 milliards enregistré en novembre. «Il n’y a actuellement aucun signe que cette tendance haussière touche à sa fin ; même si la reprise économique pèsera sur les excédents futurs», estime BNP Paribas.
L’excédent courant allemand explique en grande partie ce chiffre. Il a dépassé pour la première fois les 200 milliards d’euros en 2013, soit 7,4% du PIB, qui n’a pourtant progressé que de 0,4% l’année dernière. Mais l’amélioration est surtout à mettre sur le compte des pays périphériques qui ont presque tous réussi à éradiquer leurs déficits. Seules la France et la Belgique conservent des déficits, néanmoins modestes.
Des chiffres «qui expliquent pourquoi la crise de la dette souveraine a perdu du terrain, la plupart des pays pouvant à présent financer, directement ou indirectement, leurs déficits publics et leurs investissements privés en utilisant leur seule épargne nationale. Aucun transfert des pays du Nord vers les pays du Sud n’est plus nécessaire», se félicite BNP Paribas. D’ailleurs, l’Allemagne a investi une part élevée du produit de ses exportations en dehors de la zone euro, a expliqué l’institut Ifo.
Même en intégrant les sorties nettes de capitaux, la zone euro a dégagé un excédent de 137 milliards en 2013, qui a notamment servi à réduire la dépendance aux financements de court terme. Depuis août 2008, les banques de la zone ont ainsi réduit leur dette interbancaire nette à court terme de 952 milliards, après avoir accumulé 827 milliards depuis la création de l’euro, selon BNP Paribas.
Revers de la médaille, la disparition progressive à marché forcée des déficits extérieurs des pays périphériques, devenus difficilement finançables en 2007-2008, alimente la force de l’euro. «Les politiques de compression de la demande intérieure et de dévaluation interne (réduction des coûts salariaux unitaires pour améliorer la compétitivité) menées depuis 2008 ont entraîné une forte désinflation et ainsi freiné la baisse des taux réels», ce qui pèse sur la croissance, explique ainsi Natixis.
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