Les pays d’Europe de l’Est tentent de limiter l’impact de la flambée du franc

Le stock total de prêts hypothécaires en Pologne atteignait 82 milliards d’euros à fin novembre dernier, dont 37% libellés dans la devise suisse.
Patrick Aussannaire

Les pays d’Europe de l’Est tentent d’éteindre l’incendie allumé par la Banque nationale de suisse (BNS) sur les prêts en francs (CHF). L’abandon surprise du taux plancher de 1,20 contre euro décidé la semaine dernière par la BNS a fait dévisser la valeur du zloty polonais de 18% et celle de la kuna croate de 17% contre la devise suisse sur la semaine écoulée. Une dépréciation qui est néanmoins désormais en ligne avec celle de l’euro, alors que ces deux devises avaient initialement réagi plus fortement que la monnaie unique à l’annonce de la BNS.

Si les emprunteurs hongrois sont protégés par la décision prise en novembre dernier par le gouvernement de convertir en forint les prêts en devises étrangères et que la Roumanie et la Croatie ont tous deux indiqué leur volonté d’adopter des mesures similaires, les investisseurs craignent que le renchérissement des prêts en francs contractés par les emprunteurs polonais mette en difficulté les plus endettés et ne provoque une hausse des créances douteuses des banques. Citigroup estime que l’effet de change pourrait faire grimper le taux moyen des prêts polonais en francs de 17%.

Le stock total de prêts hypothécaires en Pologne atteignait 82 milliards d’euros à fin novembre dernier, dont 37% en franc. Avec un taux de prêts non performants pour cette catégorie de 3,1%, contre un taux global de 3,6%, l’impact devrait être limité tant sur la qualité du portefeuille de prêts que sur la consommation des ménages polonais, selon SG CIB. Il devrait en être de même sur la dette publique, sa part en franc étant limitée à 2% de la dette totale et 5,7% de la dette externe. D’autant que le gouvernement a prolongé une ligne de crédit du FMI à hauteur de 22,1 milliards de dollars.

En outre, le Comité de stabilité financière a conseillé aux banques polonaises de répercuter le taux négatif du Libor franc sur les prêts hypothécaires et de renoncer aux exigences supplémentaires en termes de collatéral lorsque le ratio prêts sur valeur dépasse le seuil de 100%. Parallèlement, plusieurs banques ont indiqué qu’elles limiteront le spread de changes sur les prêts en francs, et pourraient même temporairement allonger la maturité des prêts et ajuster le montant des remboursements mensuels. «Ces mesures devraient atténuer les effets de change négatifs pour les emprunteurs polonais», selon BNP Paribas.

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