Les Pays-Bas lâchent du lest dans leur rigueur budgétaire
Connu pour ses positions radicales au pic de la crise de l’euro, le ministre des Finances admet que le déficit dépassera la limite des 3% en 2014
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Olivier Pinaud
L’apôtre de la rigueur budgétaire en Europe lâche du lest. Hier, Jeroen Dijsselbloem, le ministre néerlandais des Finances, a reconnu que le déficit budgétaire ne sera pas dans les clous l’an prochain. «Nous allons, de fait, laisser filer la limite de 3%», a indiqué le ministre, en se fondant sur les prévisions du Bureau central de la statistique. Celui-ci s’attend à ce que le déficit budgétaire néerlandais atteigne 3,9% du produit intérieur brut en 2014, contre 3% cette année, et après une première prévision à 3,7%. Une déclaration qui montre que le gouvernement conservateur néerlandais n’a pas l’intention de durcir un peu plus sa politique d’austérité, alors que l’économie du pays reste en récession.
Jeroen Dijsselbloem a confirmé qu’il s’en tiendra au plan de 6 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires annoncé dans le courant de l’été, en plus des 16 milliards d’euros sur quatre ans approuvés à l’automne dernier par la coalition gouvernementale lors de son arrivée au pouvoir. La répartition de ces nouvelles économies est en cours de débat au sein du gouvernement. La présentation du budget pour 2014 devant le parlement est prévue pour le 17 septembre. «Il s’agit d’une bonne nouvelle pour notre prévision d’une modeste reprise en 2014, la croissance du produit intérieur brut étant attendue à 0,2% après deux années de récession», indiquent les économistes de Citigroup.
A la différence de la France ou de l’Allemagne, l'économie néerlandaise continue de se contracter. Au deuxième trimestre, le PIB a reculé de 0,2% par rapport aux trois premiers mois de l’année, durant lesquels il avait baissé de 0,4%. Sur un an, il affiche une contraction de 1,8%. Selon le Bureau central de la statistique, la croissance se limitera à 0,75% l’année prochaine, alors qu’en juin, il attendait un rebond de 1,0%. «L’économie va croître l’an prochain, j’en suis convaincu», a affirmé hier Jeroen Dijsselbloem.
Le dérapage du déficit budgétaire ne constitue par une surprise pour les agences de notation. Moody’s, par exemple, ne voyait pas comment les Pays-Bas pouvaient respecter la limite des 3% sans nouvelles coupes budgétaires au-delà de l’enveloppe de 6 milliards d’euros prévue. Le AAA néerlandais est déjà sous perspective négative chez Fitch, Moody’s et S&P.
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