Les panels des indices PMI France de Markit manqueraient de représentativité
Le décalage persistant entre les indices PMI composites et l’activité économique française depuis le milieu de l’année 2012 pourrait s’expliquer par un défaut de représentativité des panels d’entreprises interrogées par Markit. C’est l’hypothèse qu’avance le Trésor dans une étude diffusée hier.
Publiés très tôt chaque mois, les indices PMI de Markit sont généralement considérés comme de bons indicateurs avancés de la croissance. Ils sont décortiqués par les conjoncturistes et les membres du marché, tout comme le sont les indices du climat des affaires de l’Insee et de la Banque de France. L’indice PMI composite «semble même, lors des périodes de retournement marqué légèrement plus réactif que les enquêtes Insee qui rendent compte d’évolutions plus lissées», notent les membres du Trésor, Stéphane Capet et Stéphanie Combes, qui signent la note.
Or, depuis l’été 2012, la corrélation entre les différentes enquêtes et le PIB ne tient plus. Les indices PMI pèchent par un pessimisme excessif alors qu’ils continuent à bien jouer leur rôle d’indicateur avancé pour les autres pays européens. Le Trésor a utilisé les soldes détaillés des enquêtes PMI pour élucider ce mystère et constate qu’ils «semblent globalement tous affectés d’un biais» que ce soit dans l’industrie ou les services. Les économistes ne s’y sont pas trompés et se réfèrent de moins en moins aux indices PMI pour analyser la situation économique de l’Hexagone par rapport à celle de ses voisins.
Le constat du Trésor n’est pas le même lorsqu’il s’agit des soldes détaillés des enquêtes de l’Insee et de la Banque de France. Il note que l’échantillon utilisé par Markit pour construire les indices PMI est dix fois plus petit que celui utilisé par l’Insee et la Banque de France qui interrogent quelque 9.000 entreprises et estime donc qu’«avec leur panel plus petit, les indices PMI pourraient peiner à rendre compte de l’hétérogénéité des secteurs».
Le Trésor rejette en tous cas l’idée de Markit selon laquelle la révision des PIB français pourrait révéler que les indices PMI ne sont pas si pessimistes que cela. «Ce scénario semble pouvoir être écarté au vu des révisions observées sur le passé. En France comme en Allemagne, les révisions sont limitées et ne changent pratiquement jamais le signe de la variation du PIB», assure la note.
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