Les OPCI ont connu une année 2012 en demi-teinte

Les encours de ces fonds immobiliers ont crû de 23% malgré une fiscalité plus lourde, mais l’appétit des particuliers reste limité
Amélie Laurin

La fiscalité impose à la gestion d’actifs des revirements tactiques. Les OPCI (organismes de placement collectif immobilier) avaient ainsi anticipé «les conséquences de la suppression dans la loi de Finances de 2012 d’un avantage fiscal sur les plus-values retirées de la cession d’actifs immobiliers», pointe le premier rapport annuel consacré à ce produit, publié vendredi par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Du coup, «de nombreuses créations initialement prévues pour 2012 avaient été finalement avancées au quatrième trimestre de l’année 2011». 68 OPCI ont été agréés cette année-là, un record, contre seulement 20 en 2012.

Malgré le couperet fiscal, le marché français comptait 157 fonds «vivants» (ayant un actif net non nul) fin 2012, soit 11 de plus qu’un an plus tôt. Onze, c’est aussi le nombre «record» de sociétés ayant demandé un agrément ou une extension de leur programme d’activité en 2012. Les encours bruts des OPCI ont crû de 23% l’an dernier, à 26,3 milliards d’euros. Ces fonds non cotés représentent toutefois une faible part du patrimoine immobilier des grands investisseurs français. Celui-ci pesait au total 241 milliards d’euros l’an dernier, selon les chiffres de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière, qui estime toutefois à 28 milliards les encours des OPCI RFA (pour investisseurs avertis).

Selon l’AMF, les OPCI susciteraient enfin l’intérêt des particuliers, après un « engouement très limité » depuis 2008. L’encours sous gestion des véhicules grand public a bondi de 208 millions à 870 millions d’euros l’an dernier car deux produits, agréés en 2011 et 2012, pèsent à eux seuls 69% des encours. Opcimmo a été créé ex nihilo par Amundi, mais Selectiv’Immo d’Axa est en fait né de la fusion de quatre produits totalisant 434 millions d’euros.

Face aux SCPI, investies uniquement en immobilier et ouvrant droit à des avantages fiscaux, les OPCI pour particuliers risquent de rester un marché de niche : pour assurer une certaine liquidité, seuls 58% de leurs encours sont des actifs immobiliers (le reste étant des actifs financiers), contre 96% dans les OPCI RFA.

Cette année, la transposition de la directive AIFM a fait entrer les OPCI dans la catégorie des FIA (fonds d’investissement alternatifs), sans beaucoup affecter leurs règles de fonctionnement. Reste à voir si ces fonds immobiliers, encore vendus à 75% à des clients français, réussiront à s’imposer sur la scène européenne.

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