Les offres de rachat sortent le marché de la titrisation de sa léthargie
Depuis plusieurs semaines, les originateurs se mettent à racheter une partie de leurs émissions pour profiter des niveaux de décote exubérants
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Tân Le Quang
Les prix toujours déprimés des actifs financiers ne laissent plus insensibles les acteurs du financement structuré. Depuis plusieurs semaines, les originateurs de titrisations, dont les valorisations ont chuté au pire de la crise de 50 à 100 % selon les types d’actifs, se mettent à racheter une partie de leurs émissions.
Barclays a récemment annoncé une offre de rachat de Lambda BV 2005-1 et Lambda 2007-1, des titres adossés à des prêts à levier (CLO). La proposition porte sur des prix de reprise allant de 20 % à 70 % sur le pair, selon les tranches. L’offre se clôturera le 19 juin. Après avoir vendu aux enchères quatre classes de tranches de Skyline 2007 BV, adossé à des prêts immobiliers commerciaux (CMBS) fin mai, Rabobank prépare une offre sur plusieurs séries de Storm, adossées à des prêts résidentiels (RMBS) avec des prix variant de 98 % à 70 % du pair.
« Le marché a atteint un plancher, note un gérant, ces rachats montrent que les émetteurs croient en leurs propres actifs ». « Etant donné que les originateurs ont une vision détaillée de la performance de leurs prêts, il se peut qu’ils trouvent particulièrement attractif d’investir dans leur propre dette titrisée sur les niveaux actuels », estime UniCredit. La société immobilière Beni Stabili, qui a lancé une offre sur huit tranches de son CMBS Imser 2, a fait savoir qu’une telle démarche permettait de réduire la dette et d’enregistrer une plus-value record.
« L’activité de rachat a la capacité d’accroître le niveau de liquidité sur le marché de la titrisation qui était jusqu’à présent fermé », ajoute UniCredit. De fait, les opérations déjà réalisées portent sur des montants non négligeables.
A l’issue d’une première offre de 4 milliards de livres sur le CLO Metrix, HSBC a racheté 315 millions de livres de tranches seniors et 167 millions de tranches juniors à des prix allant de 30 % à 91 %. Près de 185 millions de livres ont été apportées à une deuxième offre de HSBC grâce à l’attribution d’une prime de 2 %. Canary Wharf, qui a voulu racheter 190 millions de livres de CMBS, a obtenu un relatif succès, 60,7 % des investisseurs ayant répondu à l’offre, soit 120 millions de livres.
En 2009, les rachats réalisés ont atteint les 2 milliards de dollars, contre 164 millions en 2008. Le fait que tous les investisseurs ne participent pas aux offres indique que certains jouent une revalorisation de ces actifs.
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