«Les obligations corporates sont devenues extrêmement chères»
L’Agefi: Le dynamisme sur le marché primaire peut-il encore durer ?
Julien Daire: Avec un peu plus de 133 milliards d’euros émis depuis le début de l’année, le marché primaire s’est clairement réveillé après une fin 2011 atone. De toute évidence, la demande pour le crédit, motivée par la recherche de rendement et la baisse de l’aversion pour le risque, a clairement incité les émetteurs à venir se refinancer sur le marché. Cependant, le volume reste bien en dessous des niveaux de 2009 et 2010.
Ce sont les corporates qui ont été les plus opportunistes avec une augmentation d’environ 89% des volumes émis par rapport à 2011 (de 25 à 48 milliards). Nous pensons que la dynamique actuelle devrait s’essouffler: historiquement, le deuxième trimestre est traditionnellement plus faible que le premier (d’environ 30%) et il est peu probable que la tendance soit différente cette année, les corporates ayant déjà réalisé 40 à 50% de leurs besoins annuels. De leur côté, les banques, qui ont largement profité des deux injections à 3 ans de la BCE, ne devraient pas avoir à faire appel massivement au marché. Enfin, les maturités se rallongeant et les primes d’émission disparaissant, la demande devrait se tarir.
Vous avez une exposition neutre sur la classe d’actifs. Pourquoi ?
Nous continuons à être positifs à court terme sur l’évolution des spreads, en particulier sur les banques que nous continuons à surpondérer. Elles devraient profiter encore de l’afflux de liquidités offert par la BCE et du regain d’appétit pour le risque motivé par le succès de l’offre d'échange sur la dette grecque. Pour autant, nous préférons afficher une exposition neutre car le potentiel de resserrement est désormais faible sur les obligations corporates qui sont devenus extrêmement chères.
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