Les négociations sur le budget américain vont se poursuivre sous haute tension
Le chef de la majorité démocrate au Sénat a rejeté un plan républicain visant à relever le plafond de la dette jusqu’à fin janvier 2014
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Yves-Marc Le Reour
Alors que les milieux financiers tablaient en fin de semaine sur un déblocage rapide des négociations sur le budget aux Etats-Unis, leur piétinement au cours du week-end va selon toute vraisemblance obliger les protagonistes à poursuivre leurs discussions dans un climat de plus en plus tendu. Les élus du Congrès doivent non seulement s’entendre sur la fin du ‘shutdown’, qui a mis des centaines de milliers d’employés fédéraux au chômage technique, mais aussi sur un relèvement d’ici jeudi prochain du plafond de la dette autorisée, faute de quoi les Etats-Unis se retrouveraient en défaut de paiement, selon le département du Trésor.
La première déception est venue de la Chambre des Représentants qui a annoncé samedi avoir mis fin sans résultat aux discussions engagées, faute d’accord entre les camps démocrate et républicain. Le président Obama s’est prononcé contre l’idée d’un relèvement à très court terme du plafond de la dette, jugeant malavisée l’idée «de botter en touche pendant deux mois sur le plafond de la dette et de flirter avec un défaut de paiement volontaire sans précédent en plein milieu des achats de fin d’année».
Les regards se sont ensuite tournés vers le Sénat où le chef de la majorité démocrate Harry Reid a déclaré hier soir qu’il poursuivait les discussions entamées avec celui de la minorité républicaine Mitch McConnell. Si l’objectif affiché est de trouver un accord avant la réouverture du marché boursier américain ce lundi, le pari semble difficilement tenable. Harry Reid a en effet rejeté le plan de la sénatrice républicaine Susan Collins, visant à relever le plafond de la dette jusqu’au 31 janvier 2014 et à s’accorder sur un budget intermédiaire, valable pour les six mois à venir.
Le Président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a averti que l’absence d’accord avant la date-limite du 17 octobre pour un compromis sur le plafond de la dette «pourrait engendrer une hausse des taux d’intérêt, une chute de la confiance et un ralentissement de la croissance». Si la parité euro/dollar restait inchangée hier soir dans les premiers échanges sur les marchés asiatiques, le billet vert cédait 0,5% contre la devise nippone à 98,08 yens pour un dollar, sa première baisse depuis cinq jours. Interrogée sur NBC, Christine Lagarde, directeur général du FMI, a de son côté prévenu contre l’utilisation d’une «comptabilité créative» destinée à éviter un défaut de paiement.
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