« Les mouvements à venir de l’euro/dollar devraient évoluer dans une fourchette de 1,40/1,50 »
précise Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : L’affaiblissement de l’euro face au billet vert peut-il durer ?
Laurence Boone : Les mouvements à venir de l’euro face au dollar devraient évoluer dans une fourchette de 1,40/1,50, reflétant deux mouvements contraires : d’une part, un affaiblissement de l’euro qui résulterait de craintes de voir la BCE minimiser le ralentissement économique en cours; d’autre part, un renchérissement de l’euro en raison de la différence des mandats de la Fed et de la BCE, suggèrant plus de baisse de taux aux Etats-Unis qu’en Europe. L’incertitude est grande en effet quant à l’ampleur et l’impact du ralentissement américain et de la crise financière sur l’économie européenne. Et les investisseurs craignent que la BCE ne minore ces deux facteurs, et donc que l’économie européenne ne s’affaiblisse plus que si un soutien monétaire apparaissait assez tôt. Ceci dit, le mandat de la Fed en faveur de la croissance (au détriment de l’inflation) suggère que davantage de baisse des taux sont à venir aux Etats-Unis qu’en Europe puisque celui de la BCE est concentré sur l’inflation.
Quelles sont les perspectives de l’euro/livre après le nouvel assouplissement monétaire au Royaume-Uni ?
La situation au Royaume-Uni est assez proche de celle en zone euro : l’économie ralentit mais ne paraît pas autant en risque qu’aux Etats-Unis ; le mandat de la Banque d’Angleterre est unique et concentré sur l’inflation comme pour la BCE (et les prévisions d’inflation sur le moyen terme sont au-delà de la cible de la BoE). Au total, à la fois la position dans le cycle et le mandat des banques centrales conduisent le marché à anticiper à peu près autant de baisse des taux au Royaume-Uni qu’en Europe continentale. L’euro/livre devrait donc se distinguer par sa remarquable stabilité sur l’année à venir.
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