Les membres de la Fed cherchent à calmer les tensions sur les marchés
Trois membres de la Réserve fédérale américaine ont assuré après le discours de Ben Bernanke que la politique monétaire restera accommodante
Publié le
Patrick Aussannaire
La démarche n’est pas commune. Souhaitant tempérer les craintes des investisseurs que la Réserve fédérale américaine s’est engagée dans un cycle de resserrement monétaire, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, a publié hier soir un communiqué et tenu une conférence de presse impromptue destinée à faire passer le message que l’autorité monétaire maintiendra une politique accommodante «pour une période considérable» après le fin de son programme de rachats d’actifs (QE).
Narayana Kocherlakota a estimé que la Fed doit s’engager formellement à maintenir son QE tant que le taux de chômage n’est pas tombé sous le seuil des 7%. Il était de 7,6% en mai. Il s’est également dit favorable à ne pas sortir de la politique de taux zéro tant que le taux de chômage ne sera pas passé sous la barre des 5,5%. Jusqu’à présent, les différents membres de la Fed s’étaient dits favorables à un seuil de 6,5%. Parallèlement, Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas, a tenu à rappeler hier soir que «ce dont il s’agit est une modération» du programme du QE. «Le mot «sortie» n’est pas approprié», a-t-il ajouté.
Tous deux craignent une réaction excessive des marchés aux propos de Ben Bernanke. «J’ai été inquiet de la forte réaction au communiqué de la Fed. J’ai senti que le sentiment était que le comité avait adopté une politique plus restrictive… Il s’agit d’une erreur d’interprétation qui devait être clarifiée», s’est justifié Narayana Kocherlakota. Et Richard Fisher d’indiquer que «ce qui m’inquièterait, ce serait une hausse importante (des rendements américains). (…) Cela illustrerait le risque d’instabilité financière; mais une hausse graduelle au fil du temps (ne m’inquiéterait pas) ». Plus tôt, le très influent président de la Fed de New-York, William Dudley, avait indiqué que la politique de la Fed n’avait pas été suffisamment accommodante pour atteindre ses objectifs d’inflation et d’emploi.
De quoi faire légèrement reculer le dollar à 1,3121 contre euro, après avoir atteint 1,3058 hier, et contre yen à 97,82, après avoir atteint 98,72 hier. Le rendement des obligations du Trésor à 5 ans se repliait également cette nuit de 5 points de base (bp) à 1,4% à Tokyo, après avoir atteint 1,56% hier, son plus haut niveau depuis juillet 2011. Le taux à 10 ans se repliait de 4 bp à 2,5%. Le Trésor doit adjuger quelque 99 milliards de dollars d’obligations cette semaine, dont 35 milliards de titres à 2 ans aujourd’hui.
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