Les membres de la Fed cherchent à calmer les tensions sur les marchés
La démarche n’est pas commune. Souhaitant tempérer les craintes des investisseurs que la Réserve fédérale américaine s’est engagée dans un cycle de resserrement monétaire, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, a publié hier soir un communiqué et tenu une conférence de presse impromptue destinée à faire passer le message que l’autorité monétaire maintiendra une politique accommodante «pour une période considérable» après le fin de son programme de rachats d’actifs (QE).
Narayana Kocherlakota a estimé que la Fed doit s’engager formellement à maintenir son QE tant que le taux de chômage n’est pas tombé sous le seuil des 7%. Il était de 7,6% en mai. Il s’est également dit favorable à ne pas sortir de la politique de taux zéro tant que le taux de chômage ne sera pas passé sous la barre des 5,5%. Jusqu’à présent, les différents membres de la Fed s’étaient dits favorables à un seuil de 6,5%. Parallèlement, Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas, a tenu à rappeler hier soir que «ce dont il s’agit est une modération» du programme du QE. «Le mot «sortie» n’est pas approprié», a-t-il ajouté.
Tous deux craignent une réaction excessive des marchés aux propos de Ben Bernanke. «J’ai été inquiet de la forte réaction au communiqué de la Fed. J’ai senti que le sentiment était que le comité avait adopté une politique plus restrictive… Il s’agit d’une erreur d’interprétation qui devait être clarifiée», s’est justifié Narayana Kocherlakota. Et Richard Fisher d’indiquer que «ce qui m’inquièterait, ce serait une hausse importante (des rendements américains). (…) Cela illustrerait le risque d’instabilité financière; mais une hausse graduelle au fil du temps (ne m’inquiéterait pas) ». Plus tôt, le très influent président de la Fed de New-York, William Dudley, avait indiqué que la politique de la Fed n’avait pas été suffisamment accommodante pour atteindre ses objectifs d’inflation et d’emploi.
De quoi faire légèrement reculer le dollar à 1,3121 contre euro, après avoir atteint 1,3058 hier, et contre yen à 97,82, après avoir atteint 98,72 hier. Le rendement des obligations du Trésor à 5 ans se repliait également cette nuit de 5 points de base (bp) à 1,4% à Tokyo, après avoir atteint 1,56% hier, son plus haut niveau depuis juillet 2011. Le taux à 10 ans se repliait de 4 bp à 2,5%. Le Trésor doit adjuger quelque 99 milliards de dollars d’obligations cette semaine, dont 35 milliards de titres à 2 ans aujourd’hui.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie