Les marchés turcs se préparent à une période d’instabilité politique
Les marchés financiers n’aiment pas l’incertitude et ont été servis avec les élections turques. Le revers de l’AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan dimanche, a fait plonger de 5,05% la Bourse d’Istanbul hier, et même de 8,15% en séance. La lire turque cédait 3,59% face au dollar, portant son recul à 15,5% face au billet vert sur 2015. Les contrats d’assurance contre le risque de défaut (CDS) du pays se sont écartés de 20 points de base.
Avec 258 députés, l’AKP se trouve à 18 sièges du seuil nécessaire pour décrocher la majorité simple au parlement. La formation d’un gouvernement de coalition avec l’un des trois autres partis ayant passé la barre des 10% est désormais nécessaire. Mais un accord semble peu probable avec le HDP, pro-kurde, ou avec les kémalistes du CHP. Restent les nationalistes du MHP.
Faute d’accord, la loi prévoit que de nouvelles élections puissent être convoquées dans un délai de 45 jours, une stratégie d’enlisement qui pourrait aussi trouver grâce aux yeux de Recep Tayyip Erdogan. «Même si un gouvernement de coalition est formé, celle-ci devrait être fragile compte tenu de la polarisation croissante entre partis politiques», craint Muhammet Mercan, économiste chez ING.
Les marchés turcs devraient donc vivre dans les prochaines semaines au gré de cette instabilité politique. «La baisse de la livre turque, si aucun rebond rapide ne se produit, sera source d’inquiétude pour les marchés de crédit compte tenu des expositions considérables des entreprises et banques du pays à la dette libellée en devises étrangères, estime Andrew MacFarlane, analyste chez BNP Paribas. L’impact sur l’inflation sera aussi négatif, ce qui placera la banque centrale dans une situation encore plus difficile». L’économiste d’ING prévoit, lui, que les taux d’emprunt d’Etat retrouvent des niveaux à deux chiffres. Ils se sont écartés de 40 pb à 10 ans, à 9,76%.
La défaite relative de l’AKP fait tout de même un gagnant: Erdem Basci. Le gouverneur de la banque centrale de Turquie était l’objet d’une campagne de dénigrement de membres de l’AKP et du président, qui l’accusaient de ne pas assouplir assez vite sa politique monétaire. L’institution pourrait désormais avoir moins de scrupules à relever ses taux pour contrer une éventuelle chute de la lire, estiment les économistes de Commerzbank.
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