Les marchés sont sur le qui-vive avant les récoltes de grains 2015-2016
Après quatre années de prix élevés, les bonnes récoltes de blé, de maïs et de soja de l’an dernier ont ramené les marchés à la réalité. Les conditions météorologiques ont entraîné des rendements en forte hausse et des productions record. En conséquence, les prix ont décroché à partir de la mi-2014 et fluctuent désormais autour des seuils symboliques: 5 dollars/bushel pour le blé, 4 dollars/bu pour le maïs et 10 dollars/bu pour le soja.
Au cours de cette campagne, un seul rebond notable est intervenu sur les prix du blé suite aux inquiétudes sur un possible embargo russe. La Russie, qui représente 13% des exportations mondiales de blé, a mis en place tardivement, et sans grandes conséquences, des taxes à l’exportation qui devraient être levées pour la prochaine récolte.
A présent, la campagne 2014-15 à peine achevée, les opérateurs se positionnent déjà pour la nouvelle récolte de l’été prochain à l’aide des rares informations tangibles disponibles. Dans l’hémisphère Nord, alors que les blés d’hiver sont déjà en croissance, les semis de maïs ont tout juste commencé et ceux de soja suivront. Le rapport très regardé du Département américain de l’agriculture (Usda) de mars dernier sur les intentions de semis a permis de donner des premières indications. Les surfaces semées aux Etats-Unis devraient augmenter de 1% pour le soja et baisser de 3% pour le blé et de 2% pour le maïs, provoquant un retour aux surfaces de 2010.
Pour le moment, ce recul des surfaces peut être relativisé. En effet, selon l’Usda, l’état des cultures des blés d’hiver aux Etats-Unis est meilleur que l’an passé avec 42% des cultures jugées bonnes contre 33% il y a un an. Jusqu’ici, les conditions de culture sont donc optimales pour assurer de bons rendements et l’avancée rapide des semis de printemps. De plus, les stocks de fin de campagne seront élevés étant donné l’abondance de la récolte précédente.
Cependant, de nombreuses variables peuvent encore apporter du soutien aux cours et les prochaines semaines seront décisives. Par exemple, il sera intéressant d’observer les données plus précises sur l’état des cultures en Russie et en Ukraine, deux pays où les monnaies fortement dépréciées ont pu décourager les investissements des producteurs. Mais, en attendant plus d’informations, les opérateurs restent surtout à l’affut de stress météorologiques qui pourraient affecter les rendements, ces derniers ayant été exceptionnels l’an passé.
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