Les marchés s’interrogent sur le risque de contrôle des capitaux en Grèce
L’hypothèse d’une mise en place d’un contrôle de capitaux pour les banques grecques est désormais sur la table. Une mesure qui serait incontournable dans le cas d’un éventuel retrait de la ligne de liquidité d’urgence (ELA) que leur accorde jusqu’ici la BCE à la suite d’un échec des négociations. Or l’autorité se réunit aujourd’hui pour décider de prolonger ou non l’accès à l’ELA. Une suspension ne semble pas à l’ordre du jour.
«Contrairement à ce que certains pensent, la BCE ne forcera jamais la Grèce hors de la zone euro en utilisant l’arme de l’ELA. Si une sortie grecque de la zone arrivait, elle serait le choix du peuple grec», estime ainsi JPMorgan.
Cette menace, qui requiert une majorité des deux tiers au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, a déjà été utilisée avec Chypre et l’Irlande pour les contraindre à accepter le programme de soutien de la Troika. Peter Praet, son économiste en chef, a alerté sur le fait que l’ELA sera temporaire et accordée aux seules banques solvables. Or, «sans l’ELA, les banques grecques ne pourront pas rester liquides à moins d’imposer un contrôle pour mettre un terme à la sortie des capitaux», rappelle SG CIB. Le président de l’institut allemand IFO a même d’ores et déjà exhorté le pays à adopter une telle mesure.
Pareille situation serait néanmoins risquée tant pour la Grèce que pour l’ensemble de la zone euro. Les banques grecques, qui disposent de 70 milliards d’euros de liquidités selon RBS, se retrouveraient ainsi sans financement. En outre, «introduire des contrôles de capitaux pour des raisons politiques (et non parce que les banques grecques seraient insolvables comme ce fut le cas pour Chypre), aurait pour conséquence de créer un dangereux précédent qui pousserait les investisseurs à se demander quel sera le prochain pays sur la liste», alerte RBS.
Les obligations grecques restaient sous forte pression hier, avec une hausse du rendement à 3 ans de 108 pb à 18%, après celle de 150 pb lundi, et de 60 pb à 9,91% sur le 10 ans. Les obligations des autres pays semblent néanmoins protégées par le QE de la BCE en ne montrant «aucun signe majeur de contagion», selon Citigroup. Depuis le 23 janvier, les spreads 10 ans espagnols et italiens se sont certes tendus de 21 pb et 11 pb contre le Bund allemand, mais celui du Portugal s’est au contraire resserré de 11 pb, alors que l’euro se renforçait de 1,8% contre dollar.
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