Les marchés monétaires attendent que la BCE passe à l’acte
Malgré un reflux du taux Eonia à 0,15%, les taux «forward» sont tombés à 0,10% sur les échéances allant de juillet à novembre prochains
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Patrick Aussannaire
Les marchés attendent la BCE au tournant. Le taux Eonia a reculé depuis les tensions observées le mois dernier pour revenir à 0,15% hier, après avoir atteint 0,36% le 20 janvier. Depuis le début du mois, la moyenne des fixings a ainsi reflué de 5,5 pb par rapport à celle observée en janvier pour passer sous le niveau du taux de refinancement de la BCE. «Les nouvelles exigences de réserves ont pris effet dans un contexte de moindre volatilité de l’Eonia. Ce qui reflète certainement des conditions plus stables de liquidités, les marchés ayant appris à opérer dans un contexte de liquidités excédentaires réduites», estime Barclays.
Signe de cette stabilité retrouvée sur le marché monétaire : la baisse de la demande a été marginale mardi (400 millions d’euros) lors de l’appel d’offres à la semaine (MRO), et la demande a entièrement couvert les 175,5 milliards de l’opération hebdomadaire de stérilisation du programme SMP par la BCE. La semaine dernière, l’excédent de liquidités a progressé de 7 milliards d’euros pour atteindre 151 milliards, du fait de la baisse de 11 milliards des facteurs autonomes. Il est resté stable cette semaine, alors que les remboursements de LTRO ont chuté à 3,3 milliards en février, après 7,2 milliards en janvier, 58 milliards en décembre et 28 milliards en novembre.
A court terme, les facteurs autonomes devraient être en moyenne de 312,5 milliards d’euros au cours de cette semaine, ce qui représente un niveau supérieur d’environ 20 milliards à leur valeur actuelle. De quoi faire refluer l’excès de liquidités sous la barre des 130 milliards et potentiellement raviver les tensions sur l’Eonia. Dans ce contexte, «si les marchés restent si calmes, c’est effectivement qu’ils s’attendent à une réaction de la BCE», explique Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
Des attentes qui se sont manifestées par un «repricing» important sur les taux courts, avec un aplatissement de la courbe des taux Eonia anticipés («forward»). En effet, si les taux «forward» calculés sur les meetings de mars ou avril traitent autour de 0,145% et 0,127%, ceux de maturités allant de juillet à novembre ont chuté entre 0,09% et 0,10%.
Une inversion de la courbe qui indique que les marchés anticipent une baisse du taux refi à 0,10%, selon Natixis. L’arrêt de la stérilisation du SMP et la baisse du taux de dépôt évoquée par Benoît Coeuré sont aussi des pistes étudiées par la BCE.
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