Les marchés émergents font face à la défiance des investisseurs
La pression commence à monter sur les marchés émergents. Les sorties nettes sur les fonds investis en actions émergentes ont atteint 4,5 milliards de dollars sur la semaine achevée le 30 juillet, selon les données hebdomadaires fournies par EPFR Global. Sur les 14,5 milliards de dollars de sorties nettes enregistrées ces trois dernières semaines, 12,1 milliards proviennent de l’Asie émergente, ce qui constitue un niveau record depuis la création des données en 2004, et 1,8 milliard de la Chine où le marché actions s’est à nouveau effondré de 10% à Shanghai la semaine passée et de 29% depuis son plus haut atteint mi-juin.
Les obligations émergentes ont également subi des sorties nettes de 394 millions de dollars sur la semaine achevée jeudi, avec 258 millions en devises locales.
«Un grand nombre de matières premières ont vu leurs prix chuter à des plus bas de plusieurs années la semaine dernière, les inquiétudes quant à la Chine sont élevées et la perspective du resserrement monétaire de la Fed assombrit les espoirs de voir les flux investis dans les fonds émergents en obligations redevenir positifs», estime Barclays. D’autant que Bank of America ML a décidé la semaine dernière d’exclure les émetteurs émergents notés de ses nouveaux indices obligataires d’entreprises high yield. La banque fait ainsi écho aux inquiétudes relayées par «un grand nombre» d’investisseurs qui craignent notamment qu’une inclusion de sociétés russes et brésiliennes entraîne une hausse de la volatilité et introduise un risque souverain au sein d’indices crédit corporate.
Une majorité d’investisseurs interrogés par la banque ont néanmoins décidé mercredi dernier de ne pas toucher aux titres déjà présents au sein des indices actuels. Ces derniers intègrent 44 émetteurs russes et 35 brésiliens, qui concentrent à eux seuls toute l’inquiétude des investisseurs, ce qui représente respectivement 4,4% et 3,8% des 2.200 milliards de dollars qui y sont investis. Une proportion en hausse puisqu’elle n’était que de 1,6% et 2% il y a seulement un an.
S&P a récemment placé sous perspective négative la note «BBB-» accordée au Brésil, en faisant ainsi planer la menace d’une dégradation en catégorie spéculative dans les douze à dix-huit prochains mois. Une telle sanction avait déjà été imposée en début d’année à la Russie à la fois par Moody’s et par S&P, mais pas par Fitch.
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