Les marchés chinois font face à un nouvel accès de frébrilité
Les marchés chinois sont sous haute tension. Les indices de Shanghai et Shenzhen ont fait face jeudi à une correction de 6,5% et 5,5%, la plus sévère en séance depuis 2008 et juin 2013, sous l’effet des retraits nets de liquidités de la PBOC sur le marché interbancaire et d’un durcissement des exigences des courtiers en termes de garanties sur les emprunts sur marges investis en actions. Plus d’une société cotée sur cinq a vu le cours de ses actions franchir la limite de 10% au-delà de laquelle leur cotation est suspendue, alors que les prêts sur marges ont quintuplé en un an pour dépasser 2.000 milliards de yuans (300 milliards d’euros).
Malgré une stabilisation des cours, la volatilité est restée très forte vendredi, l’indice de Shanghai ayant oscillé entre une baisse de 4,1% et une hausse de 1,7% pour clôturer en léger retrait de 0,2%. Sur les 20 IPO réalisées la semaine dernière, toutes ont vu leur cours franchir la limite de hausse de 44% dès leur premier jour de cotation. Le marché devra digérer 23 nouvelles IPO cette semaine d’un montant total de 4.000 milliards de yuans, alors que les investissements étrangers investis dans des fonds en actions chinoises ont atteint un montant record de 4,6 milliards de dollars la semaine dernière, selon EPFR.
La performance historique enregistrée par les actions chinoises de classe A de 43% à Shanghai et 97% à Shenzhen cette année provient «des injections massives de liquidités de la PBOC et de la réallocation d’actifs des particuliers, le marché actions local offrant des rendements nettement supérieurs aux dépôts bancaires (1%), aux produits de gestion de fortune (dont l’intérêt a été altéré par plusieurs défauts symboliques) et l’immobilier résidentiel qui connaît une offre surabondante et une baisse tendancielle des prix», rappelle Credit Suisse.
Le marché du crédit a également été secoué par un nouveau défaut du fabricant des bouteilles de Coca-Cola et PepsiCo, Zhuhai Zhongfu, incapable de rembourser l’intégralité d’une échéance obligataire de 590 millions de yuans, malgré une hausse de son action de 125% cette année. Un défaut en dette locale qui fait suite à ceux de la société de matériel électrique Baoding Tianwei contrôlée par l’Etat et de la société privée Cloud Live Technology le mois dernier, après Chaori Solar Energy en 2014. Winsway a été le second défaut sur des obligations en dollar, après celui de Kaisa, dont le rachat par Suntac s’est soldé par un échec.
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