Les marchés chinois bénéficient d’un certain regain d’optimisme

Le yuan a regagné 2% contre dollar depuis fin mai, alors que l’indice actions de Shenzhen s’est envolé de 17,6% sur les deux derniers mois
Patrick Aussannaire

Est-ce le signe d’un retour de la confiance dans l’économie chinoise? Après s’être déprécié de 4,1% entre mi-janvier et fin mai suite à l’élargissement de sa bande de fluctuation ainsi qu’à la volonté affichée par Pékin d’introduire plus de flexibilité dans son évolution, le cours du yuan coté sur le marché «offshore» (CNH) a depuis refait la moitié du chemin en sens inverse en regagnant 2% contre dollar.

Une tendance qui correspond néanmoins à un «durcissement des conditions financières», selon BNP Paribas qui estime qu’une appréciation de 1% entraine une baisse des exportations de 2% sur les deux trimestres suivants. «Si les perspectives de l’économie chinoise à court terme se sont améliorées, une appréciation rapide du renminbi va à l’encontre de tout ce que fait la PBOC pour assouplir les conditions financières de manière à soutenir cette tendance», estime BNP Paribas. Le taux Shibor à 7 jours est resté stable sous les 4%, à 3,5% en moyenne en août, après 3,8% en juillet et 3,3% en juin.

BNP Paribas distingue une première phase d’appréciation du yuan de 6,27 à 6,20 correspondant à «une atténuation des visions très pessimistes sur l’économie chinoise», une deuxième lorsque le cours a chuté sous les 6,20 correspondant à un fort rebond parallèle du marché actions qui traduit le «retour d’un certain optimisme». Depuis, «les flux acheteurs proviennent certainement des entreprises, qui ont achevé leur processus de vente de leurs excédents de change en juillet, et probablement des investisseurs russes qui se détournent de l’euro et du dollar», explique CA CIB.

Des flux qui ont bénéficié au marché des actions chinoises de classe A cotées en Chine qui s’est offert un fort rebond depuis mi-juin. L’indice composite de Shanghai a progressé de 11% en deux mois et celui de Shenzhen de 17,6%. Ces indices affichent désormais une hausse de 6,1% et 15,6% depuis le début de l’année, contre 15% pour l’indice MSCI Marchés émergents, et 4% pour l’indice MSCI monde.

Malgré les inquiétudes quant à la correction du marché immobilier qui touche désormais un record de 64 des 70 principales villes du pays, cette performance s’explique par la faiblesse des rendements des autres actifs, par les réformes financières et notamment la privatisation des sociétés d’Etat, par le rapprochement des Bourses de Shanghai et de Hong Kong et enfin par la faible valorisation des actions chinoises, selon Bei Xu, économiste chez Natixis.

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