Les marchés actions intègrent déjà beaucoup de bonnes nouvelles

L’effet BCE est déjà dans les cours. Toute mauvaise surprise pourrait jouer le rôle de catalyseur d’une respiration devenue nécessaire selon les normes historiques
Pierre Sabatier, PrimeView

L’adage «sell in may and go away» ne se sera finalement pas vérifié : tous les indices boursiers restent pour le moment bien orientés. La question est désormais la suivante : les marchés sont-ils entrés dans une seconde phase de hausse fondamentale pour les porter à des niveaux encore plus élevés qu’aujourd’hui, ou le début de la correction est-il à prévoir ce mois-ci ?

Nous penchons pour la seconde solution, nos indicateurs de risque nous incitant désormais à la plus grande prudence sur la plupart des places mondiales. Seul un environnement de bull market pourrait légitimer 5% de hausse supplémentaire avant une correction substantielle, ce qui n’est pas notre scénario central.

En effet, à l’encontre de beaucoup sur la place, nous considérons les mesures annoncées récemment par Mario Draghi certes comme nécessaires, mais insuffisantes pour permettre à la fois à la croissance d’accélérer véritablement sur le Vieux Continent, et surtout aux marchés actions de monter plus haut. Pourquoi ? Car la seule politique monétaire ayant rencontré le succès depuis cinq ans est simple à comprendre : elle consiste à s’appuyer sur la reflation directe des cours boursiers et des prix de l’immobilier pour créer un effet richesse positif suffisamment important pour pousser les ménages à consommer.

Les Etats-Unis ont suivi ce processus pas à pas. En achetant directement des obligations d’Etat, la Fed a déporté une partie de l’épargne privée américaine vers les autres actifs que sont les actions et l’immobilier. Dans ces conditions, il faut considérer la hausse des prix de ces derniers comme la conséquence directe de la politique monétaire américaine. En d’autres termes, les prix des actifs sont administrés depuis cinq ans outre-Atlantique, ce qui explique la quasi-absence de volatilité et de respiration du marché.

Malgré un volontarisme inédit, la BCE ne semble pas encore prête à passer à l’acte des rachats d’actifs sur le marché... seule solution pour pousser les prix des actifs vers le haut sur le Vieux continent. Une période de grande incertitude s’ouvre donc. En perdant le moteur du QE américain, avec son retrait progressif orchestré par la Réserve fédérale, et avec une BCE n’acceptant pas véritablement de prendre le relais, les marchés actions mondiaux vont devoir autoalimenter leur croissance, à des niveaux de valorisation qui ne sont plus ceux d’il y a deux ans… Dans ces conditions, la prudence devient de mise sur les actifs risqués à court terme.

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