Les investisseurs s’adaptent aux règles du marché européen des titrisations
La demande pour les titrisations en Europe semble s’être adaptée aux changements de réglementation, notamment celui prévoyant une limite de rétention minimum de 5% des titrisations par les originateurs. De fait, UniCredit rapporte cette année 32,1 milliards d’euros d'émissions (hors tranches retenues), contre 22,4 milliards à la même période un an plus tôt. La disposition annoncée fin 2010 avait fait craindre un risque d’éviction des titrisations par d’autres instruments. «L’avenir de la titrisation en Europe est entre les mains des investisseurs: soit ils jugent gérable le risque réglementaire d’investir dans les titrisations, soit ils migrent vers d’autres classes d’actifs bénéficiant d’un traitement réglementaire plus clément», s’interrogeait Barclays dans un rapport en février dernier.
Sur la base de 13 transactions effectuées les quatre premiers mois de 2011, représentant 18 milliards d’euros, Barclays fait désormais le constat que les banques - principaux investisseurs historiques en titrisations- continuent de jouer un rôle significatif avec une part de 41,8% des émissions. Un chiffre qui suggère qu’elles considèrent encore les titrisations comme des investissements viables. D’après Barclays, «les banques ont été capables de bénéficier de la clause de grand-père qui protège les investisseurs des transactions de master trusts». La plupart des émissions de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) originées par les banques britanniques l’ont été via les masters trusts – ces véhicules utilisables pour plusieurs transactions, qui émettent des séries indépendantes entre elles mais adossées au même portefeuille sous-jacent.
Toutefois, les gérants de fonds et d’actifs et les investisseurs institutionnels se sont octroyés 50,2% des émissions. Cette catégorie d’investisseurs est la moins affectée par la réglementation, comparée par exemple aux banques ou aux fonds monétaires court terme.
La base d’investisseurs demeure principalement britannique (56,3%). Les Américains, à la recherche d’actifs à rendement élevé ailleurs qu’aux Etats-Unis, constituent la deuxième plus large catégorie d’investisseurs (14,9%). Ils s’intéressent d’abord aux RMBS britanniques qui est le segment émettant le plus de tranches libellés en dollars. La troisième catégorie est composée des investisseurs du Benelux.
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